Condamnation ferme pour trois influenceurs sénégalais après une vidéo controversée
Trois influenceurs sénégalais, connus pour leur proximité avec l’ancien parti présidentiel Pastef, ont été condamnés à des peines de prison ferme. Leur crime ? Avoir partagé une vidéo sur TikTok jugée diffamatoire envers le chef de l’État. Cette décision judiciaire survient dans un contexte politique particulièrement tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié, Ousmane Sonko.
Mandoumbe Diop, alias Lamignou Darou, a écopé de trois mois de prison ferme, tandis que Magueye Diaw (Oustaz Thiep) et Moustapha Ndiaye (Ndiaye Touba) ont reçu chacun deux mois de détention. En plus des peines de prison, les trois hommes doivent payer une amende de 500 000 francs CFA.
Les origines d’une vidéo devenue virale
Tout commence avec une vidéo tournée après un rassemblement religieux. Dans cet enregistrement, les trois influenceurs expriment des vœux de malheur à l’encontre de « l’individu le plus traître du Sénégal », évoquant des souhaits de paralysie, d’AVC ou même de mort. Bien que le président Bassirou Diomaye Faye ne soit pas cité explicitement, le tribunal a interprété ces propos comme une attaque directe envers lui.
Un climat politique explosif
Cette condamnation s’inscrit dans une période de fortes tensions entre le président Faye et Ousmane Sonko, son ancien mentor. Récemment, Bassirou Diomaye Faye a officialisé la création de son propre parti, marquant ainsi la rupture définitive avec son ancien allié politique. Les avocats des influenceurs, menés par Me Abdy Nar Ndiaye, dénoncent une décision judiciaire qu’ils qualifient de « danger pour la liberté d’expression » au Sénégal. Ils estiment que la vidéo relevait davantage de la satire que d’une attaque personnelle et ont annoncé leur intention de faire appel.
Une décision qui divise
Le jugement a suscité des réactions contrastées. Pour ses détracteurs, il s’agit d’une mesure nécessaire pour protéger l’autorité de l’État et le respect dû au président. Pour ses défenseurs, il symbolise au contraire une atteinte aux libertés fondamentales, dans un pays où la liberté de la presse et d’expression est déjà régulièrement questionnée.
Cette affaire rappelle les défis auxquels fait face le Sénégal en matière de liberté d’expression, entre respect des institutions et protection des droits des citoyens.