Pourquoi l’industrialisation de la Côte d’Ivoire est-elle indispensable à son développement ?
L’industrialisation représente aujourd’hui un pilier incontournable pour la Côte d’Ivoire. Ce thème a été au cœur d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, où des experts ont partagé leurs analyses. Parmi eux, Paul-Harry Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire et directeur de la région UEMOA, a souligné l’urgence de cette transition pour propulser le pays vers le statut de nation émergente.
Selon lui, sans industrialisation, la Côte d’Ivoire ne pourra pas atteindre son plein potentiel économique. « Un pays comme la Malaisie, avec un PIB équivalent à celui de la Côte d’Ivoire il y a 25 ans, a su multiplier sa richesse par quatre en quelques décennies », explique-t-il. Pour y parvenir, le pays doit s’engager dans une transformation structurelle de son économie, en s’inspirant des modèles de développement réussis.
Les leviers pour accélérer l’industrialisation
Pour Paul-Harry Aithnard, plusieurs conditions doivent être réunies pour réussir cette transition industrielle. Il met en avant trois axes principaux :
1. L’inclusion financière : un pilier pour dynamiser l’économie
L’inclusion financière est présentée comme un levier essentiel pour stimuler l’épargne, les investissements et l’entrepreneuriat. « Permettre à la population d’accéder aux services bancaires, de stocker son argent et de se financer est crucial », précise-t-il. Cela passe par des solutions innovantes, comme la digitalisation des services financiers, qui réduisent les coûts et élargissent l’accès aux populations rurales et urbaines.
2. La digitalisation : un accélérateur de productivité
La technologie joue un rôle clé dans l’industrialisation. En misant sur des outils numériques, la Côte d’Ivoire peut améliorer sa productivité tout en réduisant ses coûts. Les secteurs bancaire et privé sont encouragés à investir dans les infrastructures technologiques pour soutenir cette transformation. « Le secteur financier doit accompagner cette vision en finançant les grands projets d’infrastructures », ajoute le directeur général.
3. Le rôle de l’État : infrastructures et éducation
L’État doit également jouer un rôle central dans ce processus. Deux domaines prioritaires sont identifiés :
- L’énergie : Sans une production électrique stable et suffisante, l’industrialisation ne peut aboutir. La Côte d’Ivoire a déjà réalisé des progrès significatifs dans ce domaine ces dernières années.
- L’éducation : Il est crucial de renforcer les compétences dans les secteurs scientifiques, technologiques et managériaux. Ces domaines sont la base de l’innovation et de la compétitivité industrielle.
Le directeur général salue les efforts déjà engagés dans ces deux secteurs, notamment en matière de production énergétique et de réformes éducatives.
Un modèle inspirant : la Malaisie
Pour illustrer son propos, Paul-Harry Aithnard cite l’exemple de la Malaisie. En 25 ans, ce pays est passé d’un PIB de 100 milliards de dollars à plus de 400 milliards. Un exploit rendu possible grâce à une stratégie industrielle ambitieuse et une vision à long terme. La Côte d’Ivoire peut s’inspirer de ce modèle pour concevoir sa propre feuille de route.
En conclusion, l’industrialisation n’est pas une option, mais une nécessité pour la Côte d’Ivoire. En combinant inclusion financière, digitalisation et investissements stratégiques, le pays peut espérer atteindre ses objectifs de croissance et de développement.