Déjà sous pression suite à son implication présumée dans une tentative de déstabilisation au Bénin en décembre 2025, le militant Kemi Seba a été interpellé sur le sol sud-africain. Les circonstances entourant son arrestation dévoilent des liens pour le moins surprenants. En effet, l’activiste, qui se présente comme le défenseur de la cause noire, a été appréhendé aux côtés d’un individu lié à la mouvance terroriste suprémaciste blanche.
Une collaboration paradoxale sous les projecteurs
Le mercredi 15 avril, les forces de l’ordre sud-africaines ont arrêté Kemi Seba en compagnie de François van der Merwe. Ce dernier, âgé de 26 ans, dirige les « Bittereinders » (ceux qui luttent jusqu’au bout), un groupe radical né en 2021. Officiellement, cette organisation prétend protéger la minorité afrikaner contre ce qu’elle qualifie de « discriminations anti-blancs ». Pourtant, le mouvement est étroitement surveillé par l’Agence de sécurité d’État (SSA) en raison de ses membres armés et de ses positions hostiles envers la majorité noire.
L’ombre de Moscou et le réseau Tsargrad
Le point de convergence entre le leader panafricaniste et le militant afrikaner semble se trouver en Russie, via la « Société de l’aigle à deux têtes ». Ce réseau est piloté par Konstantin Malofeev, un oligarque ultra-conservateur. Déjà visé par des sanctions internationales pour son soutien aux séparatistes en Ukraine, Malofeev est également sous le coup d’une enquête à New York. En septembre dernier, Van der Merwe s’était rendu à Moscou sur invitation de l’homme d’affaires, bénéficiant par la suite d’une couverture médiatique favorable de la part des organes de presse russes, qui l’ont dépeint comme un « prisonnier politique » lors de ses précédents démêlés judiciaires.
Des répercussions judiciaires majeures pour Kemi Seba
Pour Kemi Seba, dont le discours repose habituellement sur la lutte contre l’impérialisme occidental, cette proximité avec les Bittereinders marque un tournant problématique. En s’associant à un groupe qui milite pour la préservation des privilèges de l’époque de l’Apartheid, il se lie à une organisation classée comme terroriste en Afrique du Sud.
Les autorités sud-africaines soupçonnent désormais le Béninois d’avoir apporté un soutien logistique ou opérationnel à ce groupuscule sur le territoire national. Cette complicité présumée pourrait alourdir considérablement les charges pesant contre lui, dépassant largement les premières informations diffusées par la presse.