Disparitions forcées au Burkina Faso : deux militants portés disparus

Disparitions forcées au Burkina Faso : les destins inquiétants de deux défenseurs des droits humains

Manifestation au Burkina Faso pour les droits humains
©Balai citoyen

Deux figures engagées dans la défense des droits humains au Burkina Faso ont été victimes d’enlèvements inquiétants. Amadou Sawadogo, membre actif du mouvement Balai citoyen, et Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du même collectif, ont disparu dans des circonstances troublantes. Leurs familles et leurs proches attendent toujours des réponses.

Des disparitions liées à des prises de position critiques

Le parcours d’Amadou Sawadogo illustre la répression croissante subie par les militants au Burkina Faso. Convoqué à deux reprises par le service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou, il a été interrogé en mars 2025 à propos de ses publications sur Facebook. Ces prises de position lui ont valu d’être contraint de révéler les domiciles de deux autres activistes, désormais en clandestinité. Après sa seconde convocation, il a été porté disparu sans que les autorités ne fournissent la moindre explication.

Miphal Ousmane Lankoandé, quant à lui, a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté alors qu’il rentrait de Cotonou, au Bénin, où il participait à une formation sur l’activisme. Malgré les démarches de ses avocats, aucune information sur son sort n’a été communiquée par les autorités.

Un contexte de répression généralisée

Ces disparitions s’inscrivent dans un climat de plus en plus oppressif au Burkina Faso. D’autres membres du Balai citoyen ont déjà été victimes d’arrestations arbitraires. Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement, a été détenu à plusieurs reprises en violation des règles de l’UEMOA. Deux autres militants, Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, ont été enrôlés de force dans l’armée malgré une décision de justice les protégeant.

La répression ne se limite pas aux membres du Balai citoyen. Plusieurs journalistes ont également été victimes d’enlèvements : Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem, Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama. Aucun d’eux n’a été retrouvé à ce jour.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains dénonce une stratégie délibérée de musellement de la société civile. Les autorités militaires au pouvoir utilisent des décrets pour réquisitionner des citoyens, transformant l’enrôlement forcé en outil de répression contre les opposants et les défenseurs des droits humains.

Des appels internationaux pour la libération des militants

L’Observatoire exige des autorités burkinabè qu’elles garantissent la sécurité d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé. Il réclame également la fin des disparitions forcées et des enrôlements arbitraires. Les défenseurs des droits humains doivent pouvoir exercer leurs activités sans crainte de représailles.

Les actions suivantes sont requises :

  • Libération immédiate et inconditionnelle des deux militants disparus ;
  • Clarification de leur sort et de leur localisation ;
  • Mise fin aux pratiques de disparition forcée et d’enrôlement forcé ;
  • Respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association ;
  • Arrêt des poursuites judiciaires arbitraires contre les défenseurs des droits humains et les journalistes.

Comment agir ?

Pour soutenir ces demandes, il est possible d’écrire aux autorités du Burkina Faso, notamment :

Les représentations diplomatiques du Burkina Faso à l’étranger doivent également être contactées pour faire pression en faveur de la libération des militants disparus.

Un appel à la vigilance internationale

Les disparitions forcées d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé rappellent la nécessité d’une mobilisation internationale. Chaque voix compte pour exiger la fin de ces pratiques et la protection des défenseurs des droits humains au Burkina Faso.

Pour signaler toute action entreprise, vous pouvez contacter l’Observatoire à l’adresse [email protected] ou via les numéros suivants :

  • Tél. FIDH : +33 1 43 55 25 18
  • Tél. OMCT : +41 22 809 49 39