Une crise humanitaire qui s’aggrave pour plus d’un million de personnes
Au Tchad, la situation des réfugiés soudanais devient critique. Les agences onusiennes tirent la sonnette d’alarme : l’aide vitale est menacée par des coupes budgétaires, mettant en danger l’accès à l’alimentation, à l’eau, aux soins et aux abris. Plus d’un million de personnes, dont une majorité arrivée depuis 2023, sont désormais en première ligne face à cette crise sans précédent.
Des ressources insuffisantes pour répondre à l’urgence
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) alertent sur leur manque criant de moyens. Seulement la moitié des fonds nécessaires sont disponibles, avec un déficit de 428 millions de dollars à combler rapidement (289 millions pour le HCR et 139 millions pour le PAM). Sans cet apport financier, les conséquences seront dramatiques.
Des chiffres alarmants
- 1,3 million de réfugiés soudanais accueillis au Tchad, dont 900 000 depuis 2023.
- 1 personne sur 13 au Tchad est désormais réfugiée, et dans l’est du pays, ce ratio atteint 1 sur 3.
- Seulement 4 réfugiés sur 10 reçoivent une assistance de base.
- 80 000 familles sans abri, avec des conditions de vie extrêmes.
- Plus de 243 000 personnes bloquées dans des zones frontalières dangereuses.
Des conséquences immédiates et dramatiques
Les restrictions budgétaires ont déjà des répercussions concrètes :
- Les rations alimentaires du PAM ont été réduites de moitié pour la majorité des réfugiés.
- Les centres de santé sont saturés et les services de protection, notamment pour les victimes de violences, sont en crise.
- Les familles survivent avec moins de la moitié de la quantité minimale d’eau quotidienne requise.
- Les classes scolaires comptent parfois plus de 100 élèves par enseignant, faute de moyens.
Patrice Ahouansou, représentant du HCR au Tchad, déclare : « Ce que nous observons dans l’est du Tchad illustre le coût humain des insuffisances de financement. Les familles dorment à la belle étoile ou dans des abris de fortune, exposées aux maladies et à l’insécurité. »
Une aide alimentaire en chute libre
Le PAM, qui soutient plus d’un million de personnes, manque cruellement de ressources. Les rations ont été divisées par deux pour la majorité des réfugiés, et les femmes et enfants en paient le prix fort. Sarah Gordon-Gibson, directrice du PAM au Tchad, alerte : « Avec moins de la moitié des fonds nécessaires, nous ne pouvons pas fournir une aide suffisante aux plus vulnérables. Les familles seront contraintes d’adopter des stratégies de survie dangereuses, mettant des vies en péril. »
Un appel urgent à la solidarité internationale
Les agences onusiennes lancent un cri d’alerte : sans soutien immédiat, la situation va empirer. « Nous avons terminé 2025 avec seulement un tiers des fonds nécessaires. Sans aide urgente, les coupes budgétaires s’aggraveront, les conditions de vie se détérioreront et les souffrances des familles, déjà éprouvées par la guerre, s’intensifieront », préviennent-elles.
Le HCR et le PAM appellent à une mobilisation urgente des donateurs pour les six prochains mois afin de maintenir l’assistance. « L’ouverture du Tchad doit s’accompagner d’un partage équitable des responsabilités internationales, avant que la crise ne devienne ingérable », soulignent-ils.