Agadez face à la flambée des prix de l’essence : un litre à 1500 fcfa

la capitale de l’aïr traverse une période difficile. en quelques jours, le prix du litre d’essence à agadez a plus que doublé, passant de 700 fcfa à 1500 fcfa sur le marché noir, ce qui plonge les habitants et les transporteurs dans une situation critique.

une augmentation spectaculaire des prix

bien que le prix officiel à la pompe reste théoriquement stable, la réalité sur le terrain est différente. les stations-service, souvent à court de carburant ou prises d’assaut par de longues files d’attente, ne parviennent plus à répondre à la demande. par conséquent, le marché informel, principal fournisseur pour de nombreux foyers, a vu ses prix exploser. vendre le litre à 1500 fcfa, soit une augmentation de plus de 110 %, est devenu la nouvelle norme pour les vendeurs à la sauvette.

les raisons de cette pénurie

plusieurs facteurs expliquent cette « tension de stock » qui touche le nord du pays en ce début avril 2026 :

  • logistique et transport : malgré les efforts de la sonidep et le soutien des forces armées pour sécuriser les convois, les délais de livraison depuis la raffinerie de zinder (soraz) restent compliqués en raison de la taille du territoire et des problèmes de sécurité dans la région.
  • pression sur l’offre nationale : la demande intérieure ne cesse d’augmenter, dépassant parfois les capacités de production journalières de la soraz, ce qui entraîne des pénuries régulières dans les régions éloignées.
  • spéculation : le manque de disponibilité incite certains acteurs du secteur informel à stocker illégalement pour revendre à des prix élevés, ce qui aggrave la pénurie artificielle.

à agadez, les conséquences sont immédiates. le coût des transports urbains et interurbains a augmenté, ce qui a un impact direct sur le prix des produits alimentaires sur les marchés. pour les conducteurs de taxis et de moto-taxis, la rentabilité est devenue nulle : « on passe la journée à chercher de l’essence au lieu de chercher des clients. à 1500 francs le litre, on travaille à perte », explique un jeune conducteur du quartier misrata.

une intervention des autorités est-elle envisageable ?

face à cette crise, tous les regards sont tournés vers les autorités régionales et la sonidep. des opérations de contrôle sont attendues pour traquer les spéculateurs et s’assurer que le carburant disponible est vendu au prix réglementé. de plus, l’accélération des nouveaux projets pétroliers dans la région d’agadez (notamment à bilma) laisse espérer, à terme, une meilleure autonomie énergétique pour le grand nord, mais l’urgence est bien présente aujourd’hui.

en attendant, agadez retient son souffle, en espérant que les camions-citernes de la sonidep arrivent enfin pour faire baisser la pression.