congrès parlementaire tchadien : défis sécuritaires et réformes au cœur des débats
Un discours solennel pour marquer le coup d’envoi de la session
Ali Kolotou Tchaïmi, président du Congrès du Parlement tchadien, a lancé officiellement les travaux de la session ordinaire à N’Djamena. Dans un discours chargé d’émotion et de gravité, il a mis en lumière les défis sécuritaires persistants et les réformes institutionnelles nécessaires pour renforcer l’État de droit au Tchad.
Hommages aux héros nationaux et aux victimes des violences
Dès les premières minutes de son intervention, le président du Congrès a rendu un vibrant hommage aux soldats tchadiens tombés sous les balles des attaques perpétrées par Boko Haram dans la province du Lac. Il a qualifié ces moments de « période douloureuse pour notre Nation », saluant le courage des Forces de défense et de sécurité qui œuvrent sans relâche pour préserver l’intégrité du territoire national.
Ali Kolotou Tchaïmi a également évoqué la mémoire de la députée Haoua Outman Djame, disparue le 26 mars 2026. Il a salué son engagement sans faille au service de la République et son attachement indéfectible aux valeurs démocratiques. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des violences terroristes et intercommunautaires qui ont récemment endeuillé le pays.
Deux dossiers prioritaires pour les parlementaires
Les travaux de cette session s’articuleront autour de deux axes majeurs. D’abord, la révision du règlement intérieur du Congrès afin d’harmoniser ses dispositions avec celles de la Constitution révisée du 17 décembre 2023. Ensuite, l’examen de la demande de prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac, où la menace terroriste reste prégnante.
Le gouvernement a instauré un état d’urgence le 7 mai 2026 pour une durée initiale de 21 jours. Une extension de 45 jours supplémentaires est désormais sollicitée pour permettre aux forces de sécurité de poursuivre leurs opérations de sécurisation et de protection des populations locales.
Un rayonnement diplomatique qui s’affirme
Ali Kolotou Tchaïmi a souligné avec fierté le rôle croissant du Parlement tchadien sur la scène africaine. Il a notamment évoqué la nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour au poste de vice-présidente de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que l’élection du député Djidda Mamar Mahamat comme troisième vice-président du Parlement panafricain.
Réponse aux allégations internationales : un soutien sans faille aux forces de défense
Le président du Congrès a fermement rejeté les accusations portées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Il a dénoncé une « interprétation biaisée et déformée » des faits et réaffirmé son soutien total au président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi qu’aux forces engagées dans la lutte antiterroriste.
Appel à la réconciliation intercommunautaire
Ali Kolotou Tchaïmi a également abordé la question des violences intercommunautaires survenues dans le département du Dar Tama, dans la province du Wadi Fira. Il a exhorté les communautés à privilégier le dialogue, la réconciliation et la cohabitation pacifique pour éviter toute résurgence des tensions.
Une mission historique pour un Tchad uni et prospère
En conclusion de son allocution, le président du Congrès a rappelé la responsabilité historique des parlementaires face aux défis actuels du pays. Il a appelé ses pairs à œuvrer avec détermination pour bâtir « un Tchad stable, sécurisé, uni et prospère ». La session ordinaire du Congrès du Parlement de la République du Tchad était ainsi officiellement ouverte.