Sénégal : les femmes au cœur de la construction démocratique

Lors d’un séminaire organisé à Dakar, le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD) a réaffirmé la nécessité d’accroître la présence des femmes dans les instances décisionnelles pour consolider l’avenir du Sénégal. À l’occasion de cette rencontre, les représentantes ont souligné que la démocratie sénégalaise ne saurait être pleinement aboutie sans une intégration effective des femmes dans les processus politiques et institutionnels.

« L’épanouissement d’une nation repose sur l’inclusion de toutes ses composantes. Le Sénégal ne peut prétendre à un avenir prospère en marginalisant la moitié de sa population », a insisté Bator Seck, présidente du RFLD au Sénégal, lors de l’ouverture des débats. Elle a insisté sur un changement de paradigme : « Il ne s’agit plus de construire une démocratie pour les femmes, mais bien avec elles. »

Ce séminaire dédié à la participation politique féminine a réuni des actrices engagées en faveur de l’égalité des genres. Le RFLD, réseau panafricain présent au Sénégal, au Ghana, en Gambie et au Bénin, déploie des actions de plaidoyer législatif, de soutien communautaire et de promotion des droits fondamentaux. Ses missions couvrent également la santé sexuelle et reproductive, la défense de l’espace civique et la justice climatique.

Un déséquilibre persistant dans les instances de pouvoir

Malgré les avancées législatives, comme la loi sur la parité de 2010 ou la Constitution de 2001 garantissant l’égalité entre les sexes, Bator Seck a pointé du doigt une réalité préoccupante. Les dernières élections législatives de novembre 2024 ont révélé un recul de la représentation féminine à l’Assemblée nationale, passant de 44,2 % à 41 %. Pire encore, seulement 13 % des têtes de listes étaient des femmes, selon ses observations.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 558 communes sénégalaises, seules 18 sont dirigées par des femmes. De même, parmi les 43 conseils départementaux, trois seulement sont présidés par des femmes. Pour Bator Seck, ces écarts s’expliquent par des freins structurels, des résistances culturelles et des inégalités persistantes en matière d’accès au pouvoir, de financement des campagnes électorales et de médiatisation.

Des femmes acteurs clés du développement national

Malgré ces défis, Bator Seck a salué le rôle incontournable des femmes sénégalaises dans la dynamique sociale et économique du pays. Elles jouent un rôle central dans l’éducation, l’économie locale, les luttes sociales et la promotion de la paix. Leur engagement est un pilier pour bâtir une société plus juste et résiliente.

Une représentante du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a également mis en avant l’importance de la participation politique féminine comme levier de développement durable, de stabilité sociale et de bonne gouvernance. De son côté, Fatoumata Guèye Ndiaye, présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises, a appelé à une révision de la loi sur la parité pour renforcer la présence des femmes dans les postes exécutifs et les instances dirigeantes des partis politiques.