Abidjan : l’afrique veut maîtriser ses minerais stratégiques pour un essor économique

Des représentants de plusieurs nations africaines et partenaires internationaux se sont donné rendez-vous à Abidjan pour transformer les ressources minières du continent en un moteur de développement durable. Leur objectif ? Créer des chaînes de valeur locales et capter une part plus grande de la richesse générée par ces minerais, dont la valeur dépasse les 29 500 milliards de dollars.

Abidjan, cœur d’une nouvelle stratégie minière continentale

Une conférence ministérielle majeure a réuni des ministres africains des Mines, de l’Énergie et de l’Économie verte, aux côtés d’institutions panafricaines et d’investisseurs internationaux. L’enjeu : redéfinir la place de l’Afrique dans l’économie mondiale des ressources, en privilégiant une exploitation génératrice de valeur ajoutée locale.

Un appel à une refonte radicale des partenariats miniers

Le président de la Banque africaine de développement a lancé un plaidoyer pour une gestion renouvelée des ressources naturelles du continent. « Il est temps d’abandonner les schémas traditionnels où l’Afrique fournit des matières brutes sans en tirer les bénéfices durables », a-t-il souligné. Selon lui, la transformation locale des minerais et la consolidation des institutions financières africaines sont indispensables pour inverser la tendance.

Parmi ses propositions : recapitaliser les fonds de développement africains, souvent sous-dimensionnés par rapport à leur potentiel, et investir dans des infrastructures capables de soutenir une industrie minière compétitive.

Côte d’Ivoire : un potentiel minier à exploiter pour 2030

Le ministre ivoirien des Mines et de l’Énergie a mis en lumière les atouts du pays, où près de 75 % du territoire recèle des minerais stratégiques. Une richesse qui s’inscrit dans la stratégie nationale visant à hisser la Côte d’Ivoire parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Pour concrétiser cette ambition, Abidjan a lancé un plan ambitieux de 38 000 milliards de francs CFA, axé sur l’exploitation minière et énergétique entre 2026 et 2040. Avec un financement majoritairement assuré par le secteur privé, ce projet vise à structurer une filière minière intégrée et résiliente.

Des réserves colossales face à une demande mondiale en explosion

L’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales de minerais essentiels à la transition énergétique, comme le cobalt, le lithium ou les terres rares. Avec une valeur totale estimée à 29 500 milliards de dollars, dont 8 600 milliards encore inexploités, le continent possède un atout de taille.

Les projections indiquent une demande en forte hausse d’ici 2040 : +1 000 % pour les métaux du groupe du platine, +842 % pour le lithium et +88 % pour le cuivre. Une croissance qui offre une occasion unique de repositionner l’Afrique comme acteur clé de l’industrie mondiale.

Vers une industrialisation africaine tirée par les minerais stratégiques

Les dirigeants présents à Abidjan ont clairement affiché leur volonté de rompre avec le modèle d’exportation brute. Leur objectif ? Faire des minerais stratégiques un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de prospérité partagée, en s’appuyant sur des chaînes de valeur régionales renforcées.

Cette transition s’inscrit dans un contexte où la valeur des chaînes de production des véhicules électriques et des batteries pourrait atteindre 59 000 milliards de dollars d’ici 2050. Une manne que l’Afrique entend bien capter pour son propre développement.