transition nigérienne : le Niger prend le contrôle de ses mines d’uranium avec tsco sa
Le Conseil des ministres du Niger a acté la fin de la concession accordée au groupe français Orano Mining pour les ressources uranifères du pays. Une décision qui s’accompagne de la création d’une entreprise nationale, chargée de superviser l’exploitation des gisements d’Arlit. Les autorités nigériennes réclament désormais des redevances à l’ancien exploitant, qui multiplie les recours juridiques pour tenter de bloquer les exportations d’uranium.
Lors de sa réunion hebdomadaire, le gouvernement nigérien, présidé par le général Abdourahamane Tiani, a validé le projet de décret instaurant la Téloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette nouvelle structure remplace la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée en juin 2025, et met fin au contrat historique d’Orano Mining sur le site d’Arlit. Le nom de la compagnie fait référence à une nappe phréatique locale, symbole d’une volonté de préservation des ressources naturelles.
Les autorités nigériennes ont souligné les impacts environnementaux des activités minières passées, évoquant des dégradations des sols et des ressources en eau dans le désert du Sahara. La création de TSUMCO SA s’inscrit dans une dynamique de souveraineté minière, avec pour ambition de corriger les déséquilibres écologiques hérités des décennies d’exploitation.
Un conflit juridique en cours avec Orano
Depuis août 2024, une ordonnance nigérienne impose une redevance de 25 millions de francs CFA par km² et par an sur les zones non exploitées de la concession d’Arlit. Le gouvernement affirme qu’Orano Mining a refusé de s’acquitter de cette taxe, malgré une mise en demeure envoyée en septembre 2025. Cette absence de paiement a servi de base légale à l’annulation du contrat, tandis que Niamey exige le règlement des dettes fiscales et environnementales du groupe français.
Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, a dénoncé les procédures judiciaires engagées par Orano Mining, qualifiées de stratégie de harcèlement visant à paralyser les exportations d’uranium. Cette escalade des tensions survient dans un contexte de rupture diplomatique entre le Niger et la France, touchant à la fois les domaines sécuritaire, économique et stratégique.