Tourisme au Bénin : un budget historique de 600 milliards FCFA pour dynamiser l’économie locale d’ici 2027

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Le Bénin se hisse à la 19ᵉ position des destinations touristiques du continent africain, d’après le classement établi par le Forum économique mondial. Si cette place témoigne d’atouts indéniables, elle révèle surtout un potentiel qui reste largement à exploiter. Pourtant, au-delà de cette évaluation, une dynamique budgétaire sans précédent se profile pour 2027 : elle pourrait métamorphoser le cadre de vie des Béninois, stimuler l’activité économique et redessiner la position du pays sur la scène régionale.

Un rang qui influence directement l’emploi et les revenus

Le classement du Forum économique mondial passe au crible la qualité des infrastructures, le climat des affaires, la connectivité et les politiques de durabilité. Pour le Bénin, cette 19ᵉ place représente bien plus qu’une simple donnée statistique : elle traduit les freins qui pèsent actuellement sur la création d’emplois dans le tourisme, limitent les entrées de devises et privent de nombreux foyers des revenus issus de l’artisanat, de l’hôtellerie ou des métiers de guide. Chaque progression dans ce palmarès pourrait avoir des répercussions concrètes sur le pouvoir d’achat des ménages.

2027 : Ce que 600 milliards FCFA vont réellement changer

Afin de renverser la tendance, les autorités béninoises ont prévu une enveloppe exceptionnelle d’environ 600 milliards de francs CFA pour le secteur touristique en 2027. Un montant qui, au-delà des effets d’annonce, promet des transformations palpables sur le terrain.

Des équipements culturels au service des populations

Une portion significative de ces financements servira à finaliser et à faire fonctionner de grands projets de musées : le Musée des Rois et des Amazones d’Abomey, le Musée de la Mémoire et de l’Esclavage à Ouidah, ainsi que le Musée d’Art de Cotonou. Ces infrastructures ne se limitent pas à leur vocation culturelle : elles créent des postes directs (guides, conservateurs, personnel d’accueil) et stimulent l’activité des commerces et des transports aux alentours.

Réhabilitation des circuits : un effet direct sur les revenus locaux

La remise en état de sites phares tels que la cité lacustre de Ganvié ou la Route des Esclaves aura des répercussions immédiates pour les communautés qui en vivent. Un accès facilité, une sécurité accrue et une attractivité renforcée se traduiront par une augmentation de la fréquentation, donc par des retombées économiques pour les habitants et les petits entrepreneurs.

Hébergement et formation : les emplois de demain

Le développement de l’offre hôtelière, la formation des professionnels locaux et l’amélioration des liaisons logistiques comptent parmi les priorités affichées. Concrètement, cela ouvre davantage de perspectives professionnelles aux jeunes, permet une montée en compétences des travailleurs du secteur et garantit une meilleure qualité de service aux visiteurs. À terme, c’est l’ensemble de l’économie locale qui profite de cette montée en gamme.

Cap sur 2030 : 13 % du PIB, un pari aux effets concrets

L’ambition déclarée est de faire passer la contribution du tourisme à 13 % du produit intérieur brut d’ici 2030. Si cet objectif est atteint, les répercussions dépasseront largement la sphère économique : créations d’emplois, hausse des recettes fiscales, amélioration des services publics et diversification d’une économie encore trop dépendante de quelques filières. Le tourisme deviendrait alors le deuxième pilier durable de la croissance nationale.

En valorisant son patrimoine culturel et mémoriel, le Bénin ne se contente pas de vouloir gagner des places dans un classement international. Le pays mise sur une transformation en profondeur qui, si elle est conduite avec rigueur, améliorera le quotidien de millions de citoyens et renforcera la résilience de toute l’économie béninoise.

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Boureima Ouédraogo

Journaliste