Togo : les conséquences dangereuses de l’alliance entre Faure Gnassingbé et les rebelles tchadiens

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L’installation à Lomé de cadres de rébellions tchadiennes, sous couvert de médiation régionale, a des répercussions directes sur la vie des Togolais. L’arrestation de Luc Beyam, figure du Mouvement pour la justice et le redressement du Tchad (MJRT), pour des impayés hôteliers, met en lumière un accord tacite aux conséquences lourdes pour la stabilité du pays et les libertés publiques.

Un échange protection contre verrouillage sécuritaire aux effets immédiats

L’installation de figures de la rébellion tchadienne dans les grands hôtels de la capitale togolaise n’est pas anodine. Pour Faure Gnassingbé, ces combattants aguerris constituent une ressource sécuritaire parallèle. En échange d’un sanctuaire, il obtient leur expertise et leurs réseaux pour surveiller et réprimer l’opposition. Concrètement, cela se traduit par :

  • Une sous-traitance de la surveillance : des éléments du MJRT sont utilisés pour infiltrer et traquer les opposants togolais, y compris dans la diaspora.
  • Un contingent d’intimidation en réserve : la présence de ces hommes de guerre envoie un message clair aux mouvements citoyens : toute contestation pourrait être violemment réprimée par une force informelle échappant au cadre légal.

Neutralisation de la contestation et importation de méthodes répressives

Cette alliance informelle a des conséquences directes sur l’espace civique togolais. Alors que l’opposition tente de se mobiliser contre les réformes constitutionnelles controversées, le pouvoir s’inspire des méthodes de contre-insurrection expérimentées au Tchad. Des communicants en exil participent à des campagnes de désinformation contre la société civile, accusée d’être à la solde de puissances étrangères. Pour les citoyens, cela signifie une restriction supplémentaire des libertés et une criminalisation de toute voix dissidente.

L’alibi du médiateur pour justifier l’injustifiable

Face aux critiques internationales, Faure Gnassingbé se présente comme un facilitateur de paix et un havre de stabilité dans une région troublée. Cette posture lui permet de maintenir sur le territoire des individus dangereux sans subir de sanctions. Mais l’affaire Luc Beyam révèle la contrepartie : la protection n’est accordée que tant que ces hôtes servent les intérêts du régime. Dès qu’ils deviennent un poids ou refusent de coopérer, la justice est activée. Cette instrumentalisation expose le pays à des risques d’instabilité et de répression accrue.

Une dérive sécuritaire aux dépens du peuple togolais

En transformant Lomé en un marché où l’asile se monnaye contre la sécurité du régime, Faure Gnassingbé fait le choix d’une gouvernance par la peur. En pactisant avec les rébellions tchadiennes pour mater l’opposition, il ne protège pas la Nation : il instrumentalise les acteurs du chaos sous-régional pour perpétuer son pouvoir. Les conséquences pour les Togolais sont directes : un climat de méfiance, une pression sur les libertés et une insécurité latente qui pèse sur l’économie et la cohésion sociale.

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Kadidja Zongo

Journaliste