Togo : le CNCC lance sa mobilisation contre la réforme constitutionnelle
Au Togo, un collectif inédit d’opposition et de société civile a marqué un tournant en organisant son premier rassemblement public à Lomé. Le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) a ainsi lancé une dynamique de contestation face à la Constitution de 2024, perçue comme une manœuvre pour prolonger le pouvoir du président Faure Gnassingbé.

Un nouveau front politique contre la Constitution de 2024
Le CNCC, qui fédère quatre partis d’opposition et plusieurs organisations de la société civile, a choisi de briser le silence en organisant son premier meeting à Lomé. Cette initiative intervient après plus d’un an sans rassemblement public significatif de l’opposition au Togo. Le collectif dénonce la réforme constitutionnelle de 2024, accusée de renforcer indûment les pouvoirs présidentiels en supprimant l’élection directe du chef de l’État au suffrage universel.
Selon les opposants, cette réforme instaure un régime parlementaire où la plus haute fonction de l’État devient celle de président du Conseil, actuellement occupée par Faure Gnassingbé. « La population togolaise doit montrer qu’elle refuse cette mascarade constitutionnelle », a déclaré David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), lors de l’événement.
Des voix fortes de l’opposition se font entendre
Plusieurs figures de l’opposition ont pris la parole lors de ce meeting, dont Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Il a dénoncé la réincarcération de l’activiste Honoré Sitsopé Sokpor, alias Affectio, quelques jours seulement après sa libération sous contrôle judiciaire. « C’est une détention arbitraire, une persécution politique », a-t-il dénoncé.
Ce rassemblement marque le début d’une nouvelle phase de mobilisation pour l’opposition togolaise, déterminée à contester la légitimité de la réforme constitutionnelle et à exiger des garanties démocratiques pour le peuple.