Starlink ouvre une nouvelle ère pour l’internet en Côte d’Ivoire

Starlink est désormais accessible en Côte d’Ivoire. Le service d’accès à internet par satellite, développé par SpaceX, a été officiellement lancé après l’obtention d’une autorisation temporaire de 12 mois délivrée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC (ARTCI) à la filiale locale Starlink Network CIV. Les utilisateurs peuvent désormais commander leur équipement via la plateforme dédiée.

Cette initiative avait été annoncée publiquement en juin 2026 par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara. L’autorisation permet à Starlink de proposer un accès internet fixe par satellite sur l’ensemble du territoire ivoirien, en utilisant les bandes de fréquences Ka et V.

Un outil stratégique pour réduire la fracture numérique

Le gouvernement ivoirien mise sur cette solution pour renforcer la connectivité dans les zones rurales, les écoles et les centres de santé isolés. L’objectif est clair : combler le retard numérique dans les régions où les infrastructures traditionnelles, fixes ou mobiles, sont absentes ou peu performantes.

Cette autorisation fait suite à une décision prise par le Conseil de régulation de l’ARTCI en septembre 2025. La période d’essai de 12 mois permettra d’évaluer la qualité du service et le respect des engagements de Starlink avant une éventuelle prolongation.

La 27e implantation africaine de Starlink

La Côte d’Ivoire rejoint le cercle des 27 pays africains où Starlink déploie son réseau. Cette expansion s’inscrit dans une dynamique continentale lancée en 2023, après les déploiements au Nigeria, au Kenya, au Rwanda et au Mozambique.

Cette stratégie répond à un besoin croissant d’accès internet dans des territoires où les infrastructures terrestres sont coûteuses à mettre en place. Starlink mise sur ses satellites en orbite basse pour offrir un débit élevé et une latence réduite.

Une modernisation accélérée des télécoms ivoiriennes

L’arrivée de Starlink coïncide avec le lancement simultané de la 5G en Côte d’Ivoire, illustrant la volonté du pays de moderniser rapidement ses infrastructures télécoms. Bien que plusieurs opérateurs mobiles soient déjà présents, les zones rurales restent largement sous-connectées.

Avec une population de 33,5 millions d’habitants et une superficie de 322 000 km², la Côte d’Ivoire présente de fortes disparités entre le sud urbanisé et le nord rural. Le taux d’adoption de l’internet fixe reste faible, ce qui crée une opportunité pour les solutions satellitaires.

Créée en 2012, l’ARTCI supervise l’ensemble du secteur des télécommunications et veille à maintenir un environnement concurrentiel. L’encadrement de Starlink par une licence temporaire reflète une approche prudente pour intégrer un acteur mondial sur un marché encore en structuration.

Une période d’évaluation pour garantir la qualité et la concurrence

La phase d’essai de 12 mois vise à vérifier la conformité de Starlink aux normes locales et à mesurer son impact sur le marché. Le ministre Djibril Ouattara a précisé que la licence serait réévaluée à l’issue de cette période.

Cette méthode rappelle celle adoptée dans d’autres pays africains, où les régulateurs imposent des tests avant d’autoriser un déploiement à grande échelle. L’enjeu est double : assurer la qualité du service et protéger les opérateurs locaux face à un concurrent disposant d’une infrastructure spatiale.

Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si Starlink parvient à tenir ses promesses en matière de couverture rurale et si ses tarifs restent accessibles pour les populations visées. La reconduction de la licence dépendra de ces résultats concrets.