Sénégal : la production industrielle en forte hausse de 23,9 % en septembre 2025

L’industrie sénégalaise s’affirme comme un pilier essentiel de la croissance économique du pays. Les dernières statistiques conjoncturelles révèlent une progression spectaculaire de 23,9 % de la production industrielle en glissement annuel pour le mois de septembre 2025. Ce bond historique renforce la dynamique macroéconomique nationale et propulse le taux de croissance annuel du produit intérieur brut (PIB) à 4,2 % sur les douze derniers mois. Une performance qui positionne le Sénégal parmi les économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette hausse significative de l’activité industrielle ne résulte pas d’un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans une tendance de fond, marquée par l’augmentation progressive des capacités de production installées ces dernières années. Les secteurs extractifs et manufacturiers, en particulier, bénéficient de cette expansion. L’exploitation des hydrocarbures, la consolidation de la filière agro-industrielle et la robustesse des industries chimiques redessinent un modèle de croissance moins tributaire du seul secteur tertiaire.

Hydrocarbures et industrie extractive en tête de la croissance

Les activités extractives jouent un rôle clé dans cette progression. L’exploitation du champ pétrolier de Sangomar et le développement accéléré du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, mené en partenariat avec la Mauritanie, constituent des leviers majeurs pour l’économie sénégalaise. Ces deux projets ont profondément modifié le profil exportateur du pays et offrent à l’État un avantage stratégique pour renforcer ses recettes budgétaires. Une aubaine pour Dakar, qui vise à restaurer ses marges de manœuvre financières.

Les industries manufacturières suivent cette dynamique avec une progression cohérente. L’agroalimentaire, la production de ciment et la chimie minérale, notamment portées par les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), témoignent d’une demande intérieure soutenue et d’une reprise des commandes régionales. Cette expansion se répercute sur les activités connexes, comme le transport et la logistique, élargissant ainsi les fondations de la croissance.

Un PIB en hausse de 4,2 % qui redéfinit la position du Sénégal

Avec une croissance du PIB de 4,2 % sur un an, l’économie sénégalaise retrouve une trajectoire proche des moyennes observées avant la pandémie. Plusieurs trimestres avaient été marqués par des révisions à la baisse, mais ce chiffre marque un net rebond. Il reste cependant en deçà des prévisions initiales du gouvernement, qui anticipait des taux plus élevés au lancement du cycle pétrolier. Les autorités expliquent cet écart par un contexte international moins favorable et par la prudence des investisseurs face aux ajustements budgétaires en cours.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko et son équipe, l’enjeu principal consiste à transformer cette accélération industrielle en emplois durables et en recettes fiscales stables. Le plan « Sénégal 2050 » place la transformation locale au cœur de sa stratégie, avec pour objectif de réduire la dépendance aux importations et de gravir les échelons des chaînes de valeur. La performance de septembre 2025 apporte un argument concret en faveur de cette politique, à condition que la tendance se maintienne d’ici la fin de l’année.

Les défis à anticiper pour pérenniser la croissance

Malgré ces avancées, plusieurs éléments appellent à la prudence. La progression à deux chiffres de l’industrie s’explique en partie par un effet de base favorable, l’année 2024 ayant été marquée par des perturbations dans plusieurs unités de production. Par ailleurs, la soutenabilité de la dette publique reste un sujet de vigilance pour les partenaires financiers, après la révélation de l’ampleur des engagements accumulés sous la mandature précédente.

Néanmoins, le bilan de septembre est globalement encourageant. Le Sénégal combine désormais une production d’hydrocarbures opérationnelle, un tissu industriel diversifié et une consommation intérieure résiliente, contrairement à plusieurs pays voisins confrontés à des crises sécuritaires ou politiques. Cette stabilité relative pourrait renforcer l’attractivité de Dakar auprès des investisseurs régionaux, notamment ceux du Golfe, qui multiplient leurs investissements dans les secteurs énergétiques et logistiques sénégalais.

Les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette tendance. La publication des comptes nationaux trimestriels par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) permettra d’évaluer si cette accélération industrielle s’inscrit dans la durée.

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