Le Sénégal et la Mauritanie entrent dans l’ère du gaz naturel
Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), une initiative gazière majeure à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, a franchi une étape historique. Selon Kosmos Energy, ce site vient de produire ses premières cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Une avancée qui positionne les deux nations comme des acteurs clés sur le marché énergétique africain.
Cette production marque le début d’une nouvelle ère pour le Sénégal, désormais reconnu comme pays producteur d’hydrocarbures. Les gouvernements mauritanien et sénégalais avaient confirmé, fin décembre, que le gaz transitait déjà des puits vers une structure flottante dédiée au stockage et au déchargement, située en pleine mer.
Quelques mois plus tôt, en juin 2024, la présidence sénégalaise avait annoncé que le champ pétrolier de Sangomar, situé à environ 100 km au sud de Dakar, avait également commencé à extraire ses premiers barils de pétrole.
Un projet gazier d’envergure internationale
Le projet GTA, exploité par British Petroleum (BP), rassemble plusieurs partenaires stratégiques : Kosmos Energy (opérateur principal), la Société des pétroles du Sénégal et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier. Avec une capacité initiale de 2,5 millions de tonnes de GNL par an, ce projet devrait voir sa production décupler dans les années à venir, selon les projections du ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled.
D’après les déclarations relayées par l’Agence mauritanienne d’information, la production pourrait atteindre 10 millions de tonnes annuelles à terme, renforçant ainsi la souveraineté énergétique des deux pays partenaires.
Côté sénégalais, le champ de Sangomar est géré par Woodside Energy, tandis qu’un autre gisement gazier, Yakaar-Teranga, contribue également à l’approvisionnement énergétique national.
Des retombées économiques et stratégiques majeures
L’exploitation du gaz du projet GTA ouvre des perspectives économiques considérables pour la Mauritanie et le Sénégal. Elle permet non seulement de diversifier les revenus des deux États, mais aussi de répondre à une demande énergétique croissante en Afrique de l’Ouest.
Cette avancée s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des ressources naturelles, tout en renforçant la coopération régionale entre les deux nations voisines.