Un lanceur d’alerte centrafricain privé d’asile en France malgré ses révélations sur Wagner
Le parcours d’Ephrem Yalike-Ngonzo, journaliste centrafricain, illustre les dangers encourus par ceux qui osent braver l’influence russe en Afrique. Après avoir exposé les mécanismes de la propagande orchestrée par le groupe Wagner en Centrafrique, il a obtenu un laisser-passer pour se réfugier en France en 2024. Pourtant, ce vendredi, sa demande d’asile a été rejetée, un revers cinglant pour ceux qui luttent contre la désinformation russe.
Des révélations qui ont ébranlé le système russe en Afrique
En 2024, Ephrem Yalike-Ngonzo a pris part à une enquête internationale menée par Forbidden Stories, mettant en lumière les opérations d’influence de Moscou en Centrafrique. Ses témoignages ont contribué à l’adoption de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, figure clé de cette stratégie. Pourtant, cette lutte pour la vérité lui a valu des menaces de mort de la part de Wagner, le poussant à quitter précipitamment son pays.
Son avocat qualifie ce refus d’asile de « signal extrêmement négatif », soulignant l’ironie d’un système qui punit ceux qui dénoncent les abus plutôt que les abuseurs. Depuis son arrivée en France, Ephrem Yalike-Ngonzo vivait dans la clandestinité, protégé par un laisser-passer exceptionnel obtenu grâce à l’intervention directe d’une haute autorité française.
Une famille sous pression et un recours en cours
Les conséquences de ses révélations pèsent lourdement sur sa famille, restée en Centrafrique. Ses proches sont régulièrement interrogés et sommés de révéler sa cachette, sous la pression des autorités locales. Ce jeudi, un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile. La procédure pourrait s’étendre sur une année avant d’aboutir, laissant Ephrem Yalike-Ngonzo et ses proches dans une incertitude angoissante.
En attendant, le journaliste poursuit son combat depuis la France, où il tente de faire entendre la voix de ceux qui, comme lui, paient le prix fort pour la vérité. Une situation qui interroge sur la protection accordée aux lanceurs d’alerte dans un contexte géopolitique tendu.