réévaluation historique du PIB béninois : l’INStaD dévoile une croissance de 25,2 % pour 2023
L’Institut national de la statistique et de la démographie du Bénin (INStaD) a finalisé un exercice majeur : le rebasage des comptes nationaux. Une opération qui a abouti à une réévaluation significative du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2023. Concrètement, le PIB 2023 s’élève désormais à 14 020,2 milliards FCFA, contre 11 200,7 milliards FCFA dans l’ancienne base 2015. Cela représente une hausse de 25,2 %, reflétant une meilleure capture des dynamiques économiques récentes du pays.
Ce changement de référence, désormais fixé sur l’année 2023 en remplacement de 2015, s’inscrit dans le cadre des recommandations du Système de comptabilité nationale 2008 des Nations Unies. Ces directives prônent une actualisation régulière des bases de calcul pour garantir des estimations économiques plus précises. L’INStaD souligne que la périodicité habituelle de cinq ans n’a pu être respectée en raison des perturbations économiques mondiales entre 2019 et 2022, notamment la crise sanitaire et ses répercussions.
Une nouvelle base pour une économie en mutation
Le choix de 2023 comme année de référence n’est pas anodin. Cette période a bénéficié d’une stabilité relative pour le Bénin, permettant une collecte de données plus fiable. De plus, la réalisation de plusieurs enquêtes statistiques majeures durant ces années a permis d’intégrer des secteurs économiques jusqu’alors sous-estimés.
L’INStaD précise que cette réévaluation ne traduit pas une création soudaine de richesse, mais plutôt une amélioration de la méthodologie statistique et une couverture plus exhaustive des activités productives. Cette avancée offre une vision plus fidèle de la réalité économique du pays, essentielle pour les décideurs et les partenaires internationaux.
Les secteurs porteurs de cette croissance
Du côté de l’offre, tous les secteurs contribuent à cette réévaluation, avec une hausse marquée du secteur secondaire, en progression de 56,1 %. Cette performance s’explique par l’expansion des industries de transformation, de l’énergie et de la construction.
Du côté de la demande, les investissements ont joué un rôle clé. La formation brute de capital fixe enregistre une croissance de 36,6 %, notamment grâce à une meilleure prise en compte des dépenses en infrastructures, en équipements productifs et en zones économiques spéciales. Ces infrastructures, souvent soutenues par des partenariats publics-privés, dynamisent l’activité économique à long terme.
Une collaboration régionale renforcée
L’INStaD n’a pas mené cette opération seul. Plusieurs partenaires techniques et financiers ont apporté leur expertise : la Banque mondiale, AFRISTAT, le FMI, la GIZ, la Banque africaine de développement, STATFRIC, la CEDEAO et l’UEMOA. Des revues par les pairs ont également impliqué les instituts nationaux de la statistique du Burkina Faso et du Mali, garantissant la robustesse des résultats.
À l’issue de ce rebasage, l’INStaD annonce une prochaine étape : la rétropolation des comptes nationaux de 1999 à 2022. Cette démarche permettra de disposer d’une série complète et homogène sur la base 2023, offrant une base solide pour les projections économiques futures.