Dans un contexte marqué par des tensions persistantes et des affrontements armés, la question de l’organisation d’un référendum en République démocratique du Congo (RDC) suscite de vives inquiétudes. Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a clairement exprimé son opposition à ce projet. Selon lui, les conditions actuelles ne sont absolument pas propices à la tenue d’un tel scrutin.
Une situation de guerre incompatible avec le référendum
Pour Mgr Fulgence Muteba, le référendum prévu en RDC représente un risque majeur en pleine période de conflit. Le pays traverse une crise sécuritaire sans précédent, avec des opérations militaires en cours et une insécurité grandissante dans plusieurs régions. Dans ces circonstances, organiser un référendum reviendrait à ignorer les réalités du terrain et à compromettre la stabilité du processus démocratique.
« Le référendum n’est pas bienvenu parce que le pays est en guerre », a-t-il déclaré avec fermeté. Selon lui, les priorités nationales doivent se concentrer sur la restauration de la paix et la protection des populations, plutôt que sur des réformes constitutionnelles précipitées. Mgr Muteba met en garde contre les conséquences d’une telle initiative, qui pourrait exacerber les divisions et affaiblir davantage l’unité nationale.
La Cenco alerte sur les dangers d’un scrutin en période de crise
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) joue un rôle clé dans le dialogue social et politique en RDC. En s’opposant au référendum, elle souligne l’importance de garantir des conditions sécuritaires et politiques stables avant toute consultation populaire. Les élections doivent se dérouler dans un climat de paix pour être légitimes, insiste le prélat.
Les autorités congolaises, quant à elles, défendent l’idée que ce référendum est nécessaire pour moderniser les institutions et renforcer la gouvernance. Cependant, Mgr Muteba rappelle que la légitimité d’un tel processus repose avant tout sur la sécurité et la confiance des citoyens. Sans ces garanties, tout scrutin risque d’être contesté et de creuser davantage les fractures sociales.
Un appel à la prudence et à la concertation
Face à ces enjeux, Mgr Fulgence Muteba appelle à une réflexion approfondie sur le calendrier et les modalités du référendum. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes, y compris les forces politiques, la société civile et les partenaires internationaux. La paix doit primer sur toute réforme constitutionnelle.
Son message est clair : avant de songer à modifier la Constitution, il est impératif de rétablir la sécurité et de consolider la cohésion nationale. La Cenco se positionne ainsi comme une voix de raison, invitant les dirigeants congolais à écouter les préoccupations des citoyens et à agir avec prudence.