rapport accablant sur l’inefficacité des décisions gouvernementales en rdc entre 2025 et 2026
- Économie
Un rapport de monitoring sur l’action publique en République démocratique du Congo (RDC) révèle que seulement 25 % des engagements pris lors des conseils des ministres entre avril et décembre 2025 ont été concrétisés. Cette étude, publiée ce mardi 2 juin 2026 par un collectif d’organisations de la société civile et soutenue par le Cepas, met en lumière les difficultés persistantes du gouvernement à transformer les décisions en actions tangibles.
L’indice d’exécution élargi s’élève à 47/100, reflétant selon le rapport « une volonté politique réelle » mais aussi « un écart important entre l’impulsion gouvernementale et la capacité effective de mise en œuvre ». Sur les 70 décisions structurantes analysées sur neuf mois, 25 % ont été pleinement exécutées, 45 % partiellement, tandis que 30 % n’ont pu être documentées faute d’informations disponibles.
Les décisions concernaient des domaines clés comme la sécurité et la stabilité institutionnelle, la gouvernance économique et financière, la gestion des ressources naturelles, les réformes institutionnelles, la diplomatie stratégique et les politiques sociales. Christian Moleka, membre du collectif ayant mené le monitoring, souligne un déséquilibre flagrant : « Les décisions les plus structurantes, notamment celles liées aux réformes institutionnelles, économiques ou sociales, sont souvent celles qui enregistrent les taux d’exécution les plus faibles. À l’inverse, les mesures conjoncturelles ou sécuritaires progressent plus rapidement. »
Pour pallier ce problème, une plateforme numérique de suivi, « Jua 243 », a été dévoilée. Elle permet un contrôle en temps réel des actions gouvernementales. Le père Alain Nzadi, directeur du Cepas, précise que l’objectif n’est pas de juger ou sanctionner, mais d’offrir aux décideurs, partenaires et citoyens des outils d’analyse pour améliorer la gouvernance.
« Il s’agit de contribuer à l’amélioration continue de la gouvernance en fournissant des éléments concrets pour mieux comprendre les dynamiques de mise en œuvre des politiques publiques », explique-t-il.
Le père Nzadi conclut en insistant sur la nécessité d’une redevabilité constructive : « Toute décision publique gagne en valeur lorsqu’elle peut être suivie, évaluée et appréciée à l’aune de ses résultats concrets. »