Un diagnostic accablant sur les projets en suspens
Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté les résultats d’un audit national sans concession. Selon ses révélations, 245 chantiers publics, représentant un investissement global de 279 milliards de francs CFA, seraient aujourd’hui à l’arrêt ou inutilisés sur l’ensemble du territoire sénégalais.
Des actifs dormants aux conséquences économiques lourdes
Ces infrastructures abandonnées ou non exploitées constituent ce que le chef du gouvernement qualifie d’« actifs dormants ». Leur valeur, estimée à 279 milliards FCFA, reflète non seulement un gâchis financier majeur, mais aussi des opportunités économiques perdues pour le pays. Ousmane Sonko a souligné que ces projets, qu’ils soient achevés ou encore en construction, génèrent des pertes colossales pour l’économie nationale.
Les causes multiples d’un blocage systémique
Plusieurs facteurs expliquent cette situation critique. Le Premier ministre a pointé du doigt :
- Un manque criant de ressources financières, identifié comme la principale cause de ces blocages ;
- Des difficultés techniques ayant entraîné l’arrêt prématuré de certains chantiers ;
- Des lacunes administratives ayant retardé ou empêché la mise en service des infrastructures déjà terminées.
Ces dysfonctionnements ont non seulement paralysé des projets essentiels, mais ont aussi engendré des surcoûts et des retards de livraison inacceptables.
Des mesures immédiates pour inverser la tendance
Face à l’urgence de la situation, Ousmane Sonko a annoncé une série de décisions fortes :
- La création d’un comité spécialisé au niveau de la Primature, chargé de superviser et finaliser l’inventaire des projets en suspens ;
- Une directive claire pour élargir et approfondir ce diagnostic, car l’actuel serait selon lui incomplet ;
- L’obligation pour les ministères concernés d’anticiper les obstacles techniques, notamment pour les raccordements hydrauliques et électriques des infrastructures.
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de repenser la planification des projets, en intégrant systématiquement leur exploitation future dès leur conception. Une approche, selon lui, trop souvent négligée par le passé.
Une tolérance zéro face aux manquements
Ousmane Sonko a vivement critiqué les pratiques ayant conduit à cette situation, qualifiant de « roublardise, négligence et laxisme » les comportements à l’origine des retards et des défaillances. Il a appelé à une application stricte de sanctions pour éradiquer ces pratiques et garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques.
« Il est inconcevable de construire des infrastructures sans prévoir leur exploitation », a-t-il martelé, dénonçant les pertes financières énormes subies par l’État en raison de ces blocages. Pour lui, cette crise révèle un dysfonctionnement profond qu’il faut corriger sans délai.
Vers une gestion plus transparente des infrastructures
Ces annonces s’inscrivent dans une volonté affichée de transparence et de redevabilité dans la gestion des fonds publics. En pointant du doigt les responsables de ces blocages, le Premier ministre envoie un signal clair : le temps des excuses est révolu. Les citoyens sénégalais attendent désormais des actions concrètes pour que ces milliards de francs CFA ne restent plus lettre morte.