Niger : les répercussions de la mutinerie d’août sur la vie quotidienne et l’avenir du général Tiani

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Un pouvoir sous haute tension à Niamey

Depuis la mutinerie de fin août, l’atmosphère au palais présidentiel de Niamey est devenue irrespirable. Le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir par un coup d’État en juillet 2023, mesure aujourd’hui les conséquences directes de son choix. Sa survie personnelle est en jeu, mais au-delà, c’est tout le pays qui ressent les effets d’une instabilité croissante. L’économie tourne au ralenti, les investissements étrangers se raréfient et les citoyens nigériens subissent de plein fouet l’incertitude politique.

La nuit qui a tout changé : attaque sur la base aérienne

Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, des soldats issus de plusieurs garnisons ont lancé une offensive contre la base aérienne, se rapprochant dangereusement du palais présidentiel. Le général Tiani n’a dû son salut qu’à l’intervention des mercenaires russes d’Africa Corps. Depuis cet épisode, il vit reclu dans un bunker, entouré de gardes étrangers et d’une poignée de soldats en qui il a encore confiance. Ses déplacements sont annulés, ses apparitions publiques se comptent sur les doigts d’une main.

Le limogeage du général Barmou : une décision aux lourdes conséquences

En septembre 2026, pour tenter de reprendre la main, Tiani a écarté le général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major des armées et artisan du coup d’État de 2023. Ce dernier a été placé en résidence surveillée. Mais cette décision a provoqué un tollé dans les casernes. Considéré comme un héritier potentiel et très respecté par les troupes d’élite, Barmou jouissait d’une popularité qui rendait son éviction explosive. Des officiers ont adressé des ultimatums au pouvoir, exigeant la fin des arrestations arbitraires et menaçant de se soulever si la chasse aux sorcières se poursuivait.

Des répercussions directes sur les citoyens et l’économie

Cette crise interne à l’armée a des conséquences bien au-delà des murs du palais. Les Nigériens subissent de plein fouet la paralysie administrative, les pénuries de carburant et la hausse des prix des denrées de base. Les régions frontalières, déjà fragilisées par les attaques terroristes, se sentent abandonnées par un pouvoir obsédé par sa propre survie. Les partenaires internationaux, eux, restent en retrait, attendant de voir si le régime tient bon. Chaque jour de crise éloigne un peu plus le pays d’une reprise économique et d’une stabilité durable.

Un général prisonnier de sa propre armée

Ancien chef de la garde présidentielle, Tiani connaît parfaitement les rouages d’un coup d’État. Il sait que le danger ne vient plus des groupes terroristes aux frontières, mais de ses propres soldats. L’ironie est cruelle : prendre le pouvoir en 2023 semblait facile, mais gouverner sous la menace constante d’une mutinerie est devenu un enfer. Aujourd’hui, le général Tiani ne dirige plus vraiment le Niger ; il tente simplement de survivre, au prix d’une instabilité qui pèse lourdement sur l’ensemble du pays.

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Boureima Ouédraogo

Journaliste