La France place désormais le Maroc au cœur de sa stratégie diplomatique au Maghreb, marquant un tournant dans ses relations avec la région. Cette priorité affirmée coïncide avec la première visite officielle à l’étranger du Premier ministre français, Sébastien Lecornu, les 15 et 16 juillet, depuis sa nomination à Matignon. Accompagné d’une délégation ministérielle de haut niveau, il a rencontré son homologue marocain, Aziz Akhannouch, pour des échanges bilatéraux axés sur les enjeux de sécurité, de coopération économique et de diplomatie parlementaire.
Une visite diplomatique sous le signe de la coopération renforcée
Au programme de cette visite de deux jours figurait un entretien bilatéral entre les deux chefs de gouvernement, suivi d’un point de presse commun en matinée. Cette rencontre s’est conclue par un déjeuner officiel, symbole de l’importance accordée à ce partenariat. Parmi les ministres présents, on comptait notamment le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et celui de l’Intérieur, Laurent Nuñez, témoignant de l’ampleur des sujets abordés.
Sébastien Lecornu a salué la qualité exceptionnelle de la coopération policière et judiciaire entre les deux pays, soulignant la solidité de cette relation bilatérale. Dans une déclaration au Sénat, il a déclaré : « Je salue l’excellent niveau de coopération policière et judiciaire avec le Maroc et la qualité de cette relation puissante avec nos partenaires marocains. » Cette reconnaissance publique illustre l’engagement de Paris à soutenir Rabat dans des domaines clés comme la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.
Diplomatie parlementaire : le Maroc et la France unis pour l’avenir
L’un des temps forts de cette visite a été la rencontre entre les délégations parlementaires française et marocaine. Organisée sous l’égide du président du groupe d’amitié France-Maroc au Sénat, Christian Cambon, cette rencontre a réuni des figures politiques des deux pays pour discuter des perspectives de collaboration.
Du côté marocain, la délégation était conduite par Mohamed Zidouh, président du Groupe d’amitié parlementaire Maroc-France à la Chambre des conseillers. Elle s’est entretenue avec plusieurs eurodéputés français, dont François-Xavier Bellamy (vice-président du Groupe du Parti populaire européen), Pierre Jouvet (vice-président du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates) et Fabienne Keller, questeure du Parlement européen.
Un partenaire clé pour l’Europe
François-Xavier Bellamy a mis en avant « la profondeur des liens d’amitié et de coopération entre le Maroc et la France », qualifiant le Royaume de modèle en matière d’ouverture et de développement. Il a également insisté sur « le processus de développement tous azimuts dans lequel le Maroc s’est engagé », appelant l’Union européenne à reconnaître les efforts d’un partenaire « sérieux, crédible et respectueux de ses engagements ».
Sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc, il a rappelé « la position de la France reconnaissant la marocanité du Sahara », une position qui, selon lui, s’inscrit « dans le respect du droit international ». Une prise de position qui renforce la légitimité du Royaume sur la scène internationale.
Pierre Jouvet, quant à lui, a qualifié le Maroc de « partenaire géopolitique indispensable pour la France et pour l’Europe », insistant sur la nécessité de « consolider davantage les relations entre les deux pays et de préserver les acquis de leur partenariat ». Ces déclarations reflètent l’importance stratégique du Maroc pour la stabilité et la sécurité de la région.