Lomé : la rupture d’une canalisation à l’aéroport met en péril l’économie et la santé publique

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La rupture d’une canalisation d’eaux usées à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé a provoqué une catastrophe sanitaire aux conséquences durables pour les passagers, le trafic aérien et l’image du Togo. Retour sur un incident qui expose au grand jour les vulnérabilités des infrastructures et menace l’économie nationale.

Une explosion de canalisation qui tourne au désastre

En début d’après-midi, une conduite maîtresse d’évacuation des eaux usées, vétuste et sous pression, a cédé dans le faux plafond du hall central de l’aéroport. L’accumulation de gaz et la pression hydraulique ont provoqué une explosion qui a arraché les plaques du plafond, projetant des effluents toxiques et des boues nauséabondes sur les centaines de passagers présents. La panique a été immédiate.

Des passagers en transit humiliés et exposés

Des dizaines de voyageurs, notamment des familles et des touristes en correspondance pour l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, ont été couverts de matières fécales. Une passagère européenne raconte : « Nous attendions notre vol pour Paris quand une détonation a retenti. Le plafond s’est effondré et une masse noire et nauséabonde nous a submergés. J’en avais partout, dans les yeux, sur le visage. » Au-delà des dégâts matériels, c’est l’humiliation et le traumatisme subis par ces voyageurs qui suscitent l’indignation.

Un risque épidémique majeur et une paralysie du hub aérien

Les effluents stagnants dans un espace climatisé font craindre la propagation de bactéries pathogènes comme Escherichia coli, le choléra ou la typhoïde. Les secours, sous-équipés, ont eu du mal à contenir la situation. Les dégâts matériels sont considérables : infiltrations dans les gaines techniques, courts-circuits, serveurs et portiques hors service. L’aéroport a été fermé et les vols déviés vers Cotonou et Accra, plongeant le réseau régional dans le chaos.

Colère et demandes de comptes

Des sources internes révèlent que des alertes répétées sur la dégradation des canalisations et des pompes de relevage étaient restées sans réponse. Les compagnies aériennes préparent des recours collectifs et les ambassades suivent le dossier de près. Pour le Togo, le coup est rude : l’image du pays et son attractivité économique sont durement touchées.

Une crise de confiance aux lourdes conséquences

Cet incident met en lumière les lacunes dans l’entretien des infrastructures publiques. Au-delà de la décontamination, le gouvernement doit faire face à une crise de confiance. Les victimes réclament des indemnisations et des sanctions exemplaires. L’aéroport de Lomé, autrefois vitrine de la modernité, devient le symbole d’une incurie technique aux répercussions durables sur la santé publique et l’économie.

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Boureima Ouédraogo

Journaliste