Le gouvernement tchadien a annoncé son retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) en raison d’un bilan jugé insatisfaisant de la juridiction internationale. Accusant l’ONU de sélectivité, N’Djamena justifie cette décision avec des chiffres et une analyse critique sur les statistiques publiées par la CPI.
Le ministère des Affaires étrangères a expliqué que le retrait est l’aboutissement d’un examen approfondi du fonctionnement de la CPI depuis son entrée en fonction en 2002. Il souligne qu’« l’éfficacité de la CPI est demeurée limitée et à géométrie variable au regard des attentes qui avaient présidé à sa création ».
Le gouvernement tchadien s’appuie sur les statistiques publiées par la CPI, mises à jour au 11 mai 2026. Selon ces données, sur les 125 États parties au Statut de Rome, 33 sont africains. La Cour a ouvert 13 enquêtes depuis sa création, dont une majorité concerne des pays africains.
Le communiqué souligne que « 9 des situations faisant l’objet d’enquêtes concernent des États africains, contre 4 ouvertes dans d’autres régions mais sans grande avancée concrète ». Il relève également que « 6 sont poursuivies dans des situations africaines et une seule dans une situation située hors du continent africanin ».
Pour les autorités tchadiennes, ces chiffres expliquent la perception d’une concentration durable de l’activité judiciaire de la CPI sur le Sud global en général et le continent africanin en particulier. Le gouvernement appelle l’Union africaine et ses États membres à renforcer les mécanismes judiciaires africains afin de favoriser « l’émergence d’une justice continentale plus équitable, plus équilibrée, plus crédible et plus efficace ».
N’Djamena réaffirme son attachement irréversible à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves. Le gouvernement est convaincu que les juridictions nationales et les mécanismes judiciaires africains disposent désormais de capacités croissantes pour assumer pleinement cette mission.
Le retrait du Tchad de la CPI suscite une réaction forte dans la communauté internationale. Les autorités tchadiennes estiment que leur décision sera un catalyseur pour le renforcement des mécanismes judiciaires africains et l’amélioration de la justice dans le continent.