Le Sénégal s’apprête à vivre un moment historique. À quelques mois du coup d’envoi, la ville de Dakar est en pleine effervescence pour accueillir les prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévus du 31 octobre au 13 novembre. Ce rendez-vous, initialement programmé en 2022 puis reporté à cause de la pandémie, marquera une première absolue : jamais un événement olympique ne s’était tenu sur le continent africain.
Un défi de taille pour le rayonnement de l’Afrique
Le développement par le sport est au cœur des discussions internationales, comme en témoigne le sommet « Africa Forward » organisé à Nairobi par la France et le Kenya. Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse la simple compétition. Ahmadou al-Aminou Lo, Ministre d’État chargé du pilotage de l’agenda Sénégal 2050, supervise de près ce dossier crucial via un comité de veille permanent. Selon lui, la réussite de ces Jeux est une question d’image pour tout le continent.
Outre l’aspect purement sportif, les autorités sénégalaises mettent un point d’honneur sur la propreté de la capitale. S’inspirant du modèle de Kigali au Rwanda, souvent citée en exemple, Dakar ambitionne de transformer son visage urbain. « Notre première médaille sera celle de la propreté », affirme le ministre, soulignant la volonté de l’État de livrer un événement exemplaire.
Des infrastructures modernes et un héritage durable
La préparation des JOJ bénéficie d’un soutien international significatif. L’Alliance Dioko, une convention signée en 2019, permet un partage d’expérience précieux entre les comités d’organisation de Paris 2024 et de Dakar 2026. Ce partenariat inclut l’intégration d’experts français au sein des équipes locales et la formation de plus de 400 jeunes Sénégalais aux métiers de l’événementiel sportif.
Sur le plan structurel, un prêt de 80 millions d’euros accordé par l’AFD (Agence française de développement) a permis de lancer de grands chantiers de rénovation. Le Stade Iba-Mar-Diop et le complexe de la Tour de l’oeuf, situé dans le quartier Point E, font l’objet d’une remise à niveau complète.
Focus sur le complexe de la Tour de l’oeuf
Ce site emblématique accueillera des disciplines variées comme le basket 3×3, le skateboard, le breaking et le baseball. La nouvelle piscine olympique, dont les bassins utilisent des technologies d’économie d’eau, est l’une des pièces maîtresses du projet. Plus de 450 ouvriers sont mobilisés sur ce chantier piloté par Sogea-Satom. L’objectif est de remettre les clés au comité d’organisation dès la mi-août.
Le sport comme moteur de l’économie nationale
Pour le Sénégal, où la moitié de la population a moins de 19 ans, l’héritage des JOJ est fondamental. L’agenda Sénégal 2050 prévoit de faire du sport un véritable pilier économique. En développant les infrastructures de proximité et en misant sur le tourisme d’affaires (industrie MICE), le pays espère doubler la contribution du secteur sportif à son produit intérieur brut.
Au total, ce sont 2 700 jeunes athlètes du monde entier qui s’affronteront dans 25 disciplines différentes, faisant de Dakar le centre de gravité de l’olympisme mondial pendant deux semaines.