Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) qui ouvre les portes d’un marché de plus d’1,4 milliard de consommateurs, le Gabon reste à la traîne en matière d’exportations vers ses voisins. Aujourd’hui, seulement 8,9 % des échanges extérieurs du pays sont dirigés vers le continent africain, selon les dernières analyses économiques. Ce constat révèle les défis persistants de Libreville à s’imposer commercialement en Afrique.
La situation est d’autant plus contrastée que l’Afrique fournit 28,3 % des importations nationales, faisant du continent le deuxième fournisseur du Gabon. Une dépendance qui met en lumière l’urgence pour le pays de diversifier ses partenariats et ses secteurs économiques.
La ZLECAF, un outil pour briser la dépendance au pétrole
Face à cette asymétrie commerciale, le gouvernement gabonais mise sur la ZLECAF comme levier de transformation. En juin 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a rencontré Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAF, pour accélérer l’intégration africaine. L’objectif est clair : réduire la dépendance historique du pays aux hydrocarbures en développant des secteurs clés comme l’agro-industrie, les mines et les services. Avec un commerce intra-africain estimé à 230 milliards de dollars cette année, le Gabon espère tirer profit de cette dynamique.
Nkok, un pôle industriel stratégique
Le Gabon dispose déjà d’un atout de taille : la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Considérée comme un hub industriel majeur, elle pourrait devenir la vitrine des produits gabonais à forte valeur ajoutée. Grâce à une économie numérique en plein essor et une position géographique centrale en Afrique centrale, le pays est bien placé pour conquérir de nouveaux marchés régionaux.
Les obstacles à surmonter
Cependant, le chemin vers une intégration économique réussie n’est pas sans obstacles. En Afrique centrale, les échanges restent ralentis par des infrastructures de transport insuffisantes et des coûts logistiques élevés. Malgré les promesses de la ZLECAF, qui vise à porter la part du commerce intra-africain à plus de 50 % d’ici 2035, le Gabon doit moderniser ses circuits commerciaux et transformer localement ses matières premières pour en faire un levier de résilience économique.