La visite de Romuald Wadagni au Niger marque un tournant diplomatique
Le président béninois Romuald Wadagni a quitté Niamey en début d’après-midi après une visite éclair au Niger. Les images du départ du chef de l’État ont été diffusées en direct par la télévision publique nigérienne, mais les détails des discussions entre les deux dirigeants restent pour l’instant confidentiels.
À son arrivée à Niamey, Romuald Wadagni a été accueilli avec les honneurs par le général Abdourahamane Tiani, président de la transition nigérienne. Selon les informations communiquées par la présidence béninoise, cette visite officielle s’inscrit dans un cadre à la fois amical et professionnel, avec pour objectif d’aborder des enjeux majeurs comme la sécurité régionale, les échanges économiques et le renforcement des liens commerciaux.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de désamorcer les tensions qui persistent entre les deux pays depuis le coup d’État de juillet 2023 au Niger. La fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger, officiellement justifiée par des accusations portées par Niamey concernant une prétendue présence militaire française au Bénin, continue de peser sur les relations bilatérales.
Les prémices d’un rapprochement diplomatique
Abdoulaye Sounaye, chercheur au Centre Leibniz de l’orient moderne à Berlin, analyse cette visite comme une étape clé vers l’apaisement des relations nigéro-béninoises. Il souligne que « les échanges entre les deux pays se sont considérablement améliorés depuis l’arrivée de Romuald Wadagni au pouvoir, contrairement à l’époque de Patrice Talon où les relations étaient beaucoup plus tendues ».
La présence du Premier ministre nigérien aux côtés des autres dirigeants de la sous-région lors de l’investiture du président béninois avait déjà marqué un signal fort de détente. Pour Abdoulaye Sounaye, cette dynamique illustre un besoin pressant de rétablir une coopération mutuellement bénéfique, tant sur le plan économique que sécuritaire.
Vers une réouverture prochaine de la frontière ?
Interrogé sur les perspectives de réouverture de la frontière, Abdoulaye Sounaye se montre optimiste. Il estime que « les signes avant-coureurs d’un dégel sont nombreux et il ne serait pas surprenant que cette frontière soit rouverte dans les semaines, voire les jours à venir ».
Le chercheur tempère cependant son propos en rappelant que certains contentieux, comme les accusations nigériennes concernant une base française au Bénin, n’ont pas été officiellement levés. Malgré cela, il considère que l’accueil réservé par Abdourahamane Tiani à Romuald Wadagni est un indicateur positif de cette volonté de renouer le dialogue.
À l’issue de leur entretien, les deux chefs d’État ont réaffirmé, dans un communiqué conjoint, leur engagement à œuvrer pour la réouverture de la frontière. Un comité d’experts a été chargé d’évaluer les conditions nécessaires à cette réouverture et devra rendre ses conclusions sous 15 jours. Par ailleurs, une visite du président nigérien au Bénin est envisagée, bien que la date n’ait pas encore été fixée.
Après cette étape nigérienne, Romuald Wadagni s’est envolé vers Ouagadougou pour poursuivre sa tournée régionale. Il y a été accueilli par le capitaine Ibrahim Traoré, avec qui une série de discussions est prévue pour renforcer les liens entre le Bénin et le Burkina Faso.