la route Douala-Bafoussam, un cauchemar pour les usagers
L’artère économique reliant Douala, capitale économique du Cameroun, à Bafoussam et Bamenda se transforme en un véritable piège mortel. La nationale 5, en constante dégradation, cumule les tristes records : circulation dangereuse, accidents en série et pertes humaines. Malgré son rôle crucial pour l’économie nationale, cet axe routier est aujourd’hui abandonné à son sort.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation critique. D’abord, l’usure accélérée due au trafic incessant de camions et de bus interurbains, qui soumettent l’asphalte à une pression constante. Ensuite, le manque criant d’investissements publics dans la maintenance et la rénovation de la chaussée. Enfin, les intempéries de plus en plus violentes, aggravées par le changement climatique, qui sapent les fondations de cette infrastructure essentielle.
Un trajet devenu insupportable
Emprunter la nationale 5 entre Douala et Bafoussam relève aujourd’hui de l’épreuve. Les pluies torrentielles transforment régulièrement la chaussée en un champ de boue, creusant des nids-de-poule géants et fragilisant les talus. Résultat : le trajet, autrefois effectué en moins de quatre heures, s’étire désormais sur une dizaine d’heures, avec des secousses incessantes et des risques d’accident à chaque virage.
Les conducteurs de bus doivent improviser des itinéraires de contournement pour éviter les portions les plus dangereuses. Alice, une passagère de 35 ans, témoigne de son calvaire : « Parti de Bafoussam à l’aube, je suis arrivé à destination à deux heures du matin, après 14 heures de route. Impossible de prendre la nationale 5 dans le Haut-Nkam : elle était inondée et infranchissable. Nous avons été obligés de faire un détour par Yaoundé, puis de bifurquer vers Bagangté pour rejoindre Douala. Épuisés, courbaturés, nous n’étions plus que l’ombre de nous-mêmes. »