L’État congolais a franchi une étape majeure dans la procédure judiciaire visant plusieurs officiers de haut rang. La République démocratique du Congo a officiellement choisi de se constituer partie civile dans le dossier opposant l’Auditeur général des Forces armées aux généraux d’armée John Numbi et Christian Tshiwewe, ainsi qu’à plusieurs autres officiers supérieurs.
Cette annonce a été formulée par un collectif d’avocats lors de la séance devant la Haute Cour militaire. Cette audience a également permis l’installation du lieutenant-général Constant Ndima, précédemment gouverneur militaire du Nord-Kivu, au sein de la composition des juges en qualité d’assesseur.
Des préjudices à réparer pour la nation
La démarche de la République démocratique du Congo vise à démontrer l’étendue des préjudices subis par l’État et à solliciter des réparations financières proportionnelles aux dommages constatés. Les prévenus doivent répondre de charges extrêmement lourdes, touchant à la sûreté de l’État et à la discipline militaire.
Parmi les chefs d’accusation retenus figurent :
- Le complot et la trahison ;
- L’apologie du terrorisme ;
- La propagation de faux bruits et la violation de consignes ;
- La désertion à l’étranger et la détention illégale d’armes de guerre ;
- L’incitation de militaires à des actes contraires au devoir.
Poursuite de la procédure et prévenus en fuite
Si certains accusés, comme le général d’armée Christian Tshiwewe, étaient présents pour leur identification, d’autres restent introuvables. C’est le cas du général d’armée John Numbi, de Pascal Nyembo Muyumba et du colonel Tshinabo Kenge, tous trois déclarés en fuite. L’Auditeur général a requis que le défaut soit retenu à leur encontre, conformément aux dispositions du Code judiciaire militaire.
L’affaire a été renvoyée au 9 juillet 2026. Ce report, motivé par des raisons d’État et l’indisponibilité de certains magistrats, doit aussi permettre aux avocats de la défense de déposer leurs mémoires respectifs. Ce procès intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires majeurs dans sa partie orientale.