Lors d’une matinée politique organisée par la Convention des Congolais Unis (CCU) le lundi 3 août 2026, Lambert Mende Omalanga a partagé son analyse de la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe la République démocratique du Congo. Le leader de la CCU a vivement encouragé les citoyens congolais à surmonter leurs divergences pour faire front commun face à ce qu’il décrit comme une menace existentielle pour la nation.
« De quoi demain sera-t-il fait ? » Cette question prospective a servi de fil conducteur au message de Lambert Mende Omalanga destiné aux membres de la Convention des Congolais Unis.
Présentée comme un manifeste des « lumumbistes de la CCU à la Nation », cette allocution a largement abordé la crise sécuritaire qui déchire l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies.
Lambert Mende a souligné l’impact profond des bouleversements géopolitiques mondiaux et régionaux sur la situation congolaise depuis 1996.
Kigali directement mis en cause
Lambert Mende a directement imputé au Rwanda la responsabilité de l’instabilité chronique dans l’Est de la RDC. Il a affirmé que plusieurs factions armées opérant dans cette région du pays agiraient, d’après les éléments de son discours, comme des auxiliaires de Kigali.
Il a également rappelé les diverses justifications avancées au fil des ans par le président rwandais Paul Kagame pour justifier l’ingérence de son pays en RDC, notamment la présence des FDLR et la protection des communautés tutsies du Kivu.
Pour Mende, ces arguments se seraient progressivement transformés en revendications territoriales, qu’il juge incompatibles avec l’intégrité de la RDC.
« Tout n’est pas irrémédiablement perdu »
Malgré la gravité de la situation, le numéro un de la CCU a exprimé un optimisme mesuré. Il a estimé que la pression diplomatique exercée sur Kigali constituait un atout pour la RDC.
Il a notamment cité les sanctions américaines, qu’il considère comme un facteur d’intensification de la pression sur le régime rwandais.
Lambert Mende a également salué le processus de désarmement volontaire des FDLR, qu’il a présenté comme une avancée majeure capable, selon lui, de démanteler l’un des principaux prétextes invoqués par Kigali pour justifier la présence de ses forces dans l’Est congolais.
Dialogue national : les conditions de la CCU
Concernant l’éventualité d’un Dialogue national inclusif, Lambert Mende a noté une convergence initiale entre le gouvernement, l’opposition et la société civile sur l’impératif d’un tel forum.
Cependant, pour la CCU, la priorité absolue demeure la riposte à l’agression rwandaise et le renforcement de la cohésion nationale. En d’autres termes, ce Dialogue devrait principalement permettre d’élaborer et de mettre en œuvre un cadre de prévention et de protection contre le terrorisme, « quelle qu’en soit l’origine ».
Toutefois, Lambert Mende a émis des réserves quant à la participation de personnes ayant été condamnées par la justice ou sanctionnées internationalement pour complicité avec l’agresseur. Il a également jugé que les membres des groupes armés collaborant avec le Rwanda, et qui ne se désolidarisent pas formellement de celui-ci, ne devraient pas prendre part à ce rassemblement.
Réforme constitutionnelle : Mende appelle à relativiser les controverses
La réforme constitutionnelle a également constitué un axe majeur de cette intervention.
L’ancien ministre et porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila a insisté sur la nécessité de distinguer l’adoption d’une loi référendaire de l’organisation concrète d’un référendum constitutionnel. Il a rappelé que le référendum représente une consultation populaire ancrée dans le cadre de la démocratie constitutionnelle.
Il a en outre soutenu que les États peuvent ajuster leur calendrier politico-institutionnel lorsqu’ils font face à des circonstances exceptionnelles. Il a illustré son propos avec les exemples des États-Unis durant les grandes crises du XXe siècle et de l’Ukraine confrontée à la guerre.
Maintien de Tshisekedi au pouvoir pendant l’agression Rwanda RDC
Le discours de Lambert Mende a abordé de front la question de l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi.
La CCU est d’avis que, tant que l’agression rwandaise contre la RDC perdurera, le chef de l’État devrait rester en fonction. Lambert Mende a présenté Félix Tshisekedi comme le seul, parmi les quatre chefs d’État ayant dirigé la RDC depuis 1996, à avoir, selon lui, pris des initiatives politiques, militaires et diplomatiques d’envergure contre cette agression.
Cette position intervient alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et le futur institutionnel du pays suscite de vives réactions au sein de la classe politique congolaise.
« La maison commune brûle »
Poursuivant son plaidoyer en faveur de la cohésion nationale, Lambert Mende a exhorté les Congolais à apaiser leurs désaccords sur les questions politiques, qui, selon lui, pourront être examinées ultérieurement. Il a affirmé que la priorité devait être accordée à la sécurité et à la survie de l’État congolais, dans un contexte qu’il a également qualifié d’humanitaire.
Le leader de la CCU a notamment évoqué l’évolution de l’épidémie à virus Ebola dans des zones situées sur la ligne de front qui sépare les forces rwandaises et congolaises dans l’Est du pays.
Un appel à l’alliance stratégique avec les États-Unis
En conclusion, Lambert Mende a apporté son appui à l’initiative du président Tshisekedi visant à forger une alliance stratégique entre la RDC et les États-Unis. Pour lui, ce partenariat pourrait renforcer la résilience du peuple congolais et permettre au pays de bâtir une véritable stratégie de puissance face aux menaces qu’il affronte.
« La maison commune brûle », a martelé en substance Lambert Mende, qui a appelé les Congolais à dépasser les querelles politiques et à se rallier autour de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.
Le message des lumumbistes de la CCU se veut ainsi un fervent appel à l’unité nationale, à la cohésion et à la concentration des efforts congolais sur la crise sécuritaire.
« Que vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! », a conclu Lambert Mende Omalanga.