Des milliers de déplacés qui ont fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo endurent une souffrance humanitaire aiguë dans la capitale. Plusieurs décès sont survenus en raison du manque d’aide.
Ces personnes, majoritairement originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ont quitté leur foyer il y a plus d’un an pour échapper à l’avancée des rebelles de l’AFC-M23. D’autres viennent de la province de l’Ituri, chassés par les attaques de groupes armés comme la Codéco et les ADF.
Laissés-pour-compte
Plus de 2 600 ménages se trouvent dans une détresse extrême. Beaucoup ont dû abandonner les églises et mosquées qui leur offraient un abri, et dorment désormais à la belle étoile. La vulnérabilité de ces populations est alarmante.
« Parmi les personnes vulnérables, nous avons des femmes enceintes, des personnes vivant avec un handicap, des enfants, des étudiants et des personnes âgées. Ils n’ont accès ni aux soins de santé, ni au logement, ni à la nourriture. Leur situation est catastrophique », déplore Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.
Le calvaire des étudiants déplacés
Parmi les déplacés, de nombreux étudiants avaient rejoint Kinshasa avant les combats pour poursuivre leurs études. Aujourd’hui, ils vivent dans la précarité, séparés de leurs familles – certaines ayant fui ou, pire, ayant été tuées. Jacques Chiza, leur représentant, témoigne :
« Nous traversons des moments très durs. Beaucoup d’étudiants n’ont pas de quoi manger et passent la nuit dehors faute de logement. Nous n’avons aucune aide. Nous lançons un appel à toute personne de bonne volonté, car la situation est grave. »
L’État attendu d’urgence
Seize personnes ont déjà perdu la vie, faute de soins médicaux dans la capitale. Les déplacés ont multiplié les requêtes auprès des autorités et des organisations humanitaires, sans réponse significative. Ils exigent une intervention de l’État.
« Chaque jour, il y a des malades. Je lance un cri d’alarme à la communauté internationale, aux agences des Nations unies et au gouvernement pour qu’ils interviennent au plus vite », insiste Jordan Mulikuza. Et d’ajouter : « Nous demandons au chef de l’État d’agir avant que le pire ne survienne. »
Les déplacés souhaitent être regroupés sur un seul site pour faciliter l’accès à l’aide. Interrogé, Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, a déclaré : « Leur situation est connue et fait l’objet d’une étude en vue d’une solution durable. Il est encore trop tôt pour en dire davantage. Nous communiquerons au moment opportun. »
Aucune décision concrète n’a donc été prise pour secourir ces milliers de déplacés internes qui survivent comme ils le peuvent dans la capitale congolaise.