Dans les ruelles animées de N’Djamena, une activité commerciale insolite a pris de l’ampleur ces derniers mois. Des individus circulent en poussant des charrettes débordantes de ferraille, scandant à tue-tête : « Hadid kilo ! Hadid kilo ! ». Ce commerce de récupération de métaux, surnommé ainsi par les habitants, séduit de plus en plus de monde, y compris des mineurs.
Une activité lucrative qui attire les plus jeunes
Le « Hadid kilo » est devenu un commerce florissant à N’Djamena. Pourtant, derrière son apparente simplicité se cache une réalité préoccupante. Des témoignages recueillis dans plusieurs quartiers révèlent que des enfants, parfois très jeunes, sont impliqués dans ce trafic. Certains commerçants, souvent étrangers en situation irrégulière, profitent de leur vulnérabilité pour les inciter à voler des objets au sein même de leur foyer.
Les sommes en jeu, bien que modestes, suffisent à motiver des actes désespérés. Dans le quartier Ngabo, un enfant de dix ans a cédé la bouteille de gaz de sa mère contre seulement 600 FCFA. Au cœur du quartier Ndjari, un autre mineur, âgé de huit ans, a vendu le vélo de son petit frère pour 250 FCFA. Pire encore, dans le quartier Zafaye, un enfant a écoulé une partie du moteur de la voiture familiale pour 1 000 FCFA.
Le vol encouragé, l’éducation en péril
Pour les parents, cette pratique est un véritable fléau. Beaucoup dénoncent un système qui favorise l’émergence de comportements déviants chez les enfants. Le « Hadid kilo » transforme des mineurs en acteurs involontaires de petits larcins, les exposant à des risques juridiques et sociaux. Les familles, déjà fragilisées, voient leurs biens disparaître sous la pression de cette économie parallèle.
Les citoyens interpellent les autorités locales pour qu’elles prennent des mesures immédiates. Parmi les revendications les plus pressantes : l’interdiction formelle d’acheter de la ferraille auprès des enfants, un renforcement des contrôles sur les commerçants ambulants, et la mise en place de mécanismes de protection pour les mineurs. L’objectif ? Empêcher que cette tendance ne devienne un phénomène endémique.
Un appel à la protection de l’enfance
Des voix s’élèvent pour alerter sur les conséquences à long terme de cette pratique. Les spécialistes de l’enfance avertissent que le « Hadid kilo » risque de normaliser le vol chez les jeunes générations, compromettant leur avenir et celui de la société. Les autorités sont donc appelées à agir sans délai, afin de préserver l’intégrité des enfants et de garantir leur droit à une éducation sereine.