Fraîchement accrédité auprès du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouvel ambassadeur du Tchad au Gabon, Zakaria Fadoul Kittir Jr., a choisi de consacrer l’une de ses premières sorties officielles à un site emblématique du renouveau économique national. Le diplomate s’est rendu au cœur de la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok, un espace devenu le laboratoire de la transformation industrielle sur le continent.
Cette visite, qui dépasse les simples usages diplomatiques, souligne l’attractivité du modèle de développement gabonais. De nombreux pays africains, cherchant à valoriser leurs propres ressources naturelles, observent avec attention cette stratégie axée sur la création de valeur ajoutée locale.
L’industrie du bois : un pilier de la réussite gabonaise
Au cours de son immersion, la délégation tchadienne a porté une attention particulière à la filière bois. Le parcours a mené l’ambassadeur dans les ateliers de Chanta Group, une unité spécialisée dans la production de feuilles de placage et de contreplaqués destinés à l’exportation internationale et au marché régional.
Ce succès industriel est le fruit d’une rupture stratégique majeure : l’arrêt de l’exportation de bois brut au profit d’une transformation sur place. Aujourd’hui, Nkok héberge des dizaines d’usines qui non seulement génèrent des emplois qualifiés, mais assurent également une montée en compétences des travailleurs locaux, tout en respectant les exigences de qualité mondiales.
Un carrefour multisectoriel pour une économie résiliente
Si le bois reste la figure de proue de la ZIS de Nkok, la plateforme s’est largement diversifiée. Elle regroupe désormais des activités variées allant de la métallurgie à la fabrication de matériaux de construction, en passant par l’agro-industrie. Cette concentration industrielle permet au Gabon de limiter sa dépendance vis-à-vis des fluctuations des prix des matières premières non transformées.
Cette approche intégrée séduit de plus en plus de décideurs sur le continent. Le Tchad, à l’instar d’autres nations, voit dans cette expérience une source d’inspiration pour bâtir une souveraineté économique durable et renforcer les chaînes de valeur nationales.
Nkok, un levier de rayonnement diplomatique
Au-delà des chiffres et de la production, la zone de Nkok fonctionne comme une véritable vitrine du savoir-faire gabonais. Elle permet à Libreville de s’affirmer comme un pôle de compétences capable d’attirer des investissements technologiques et des partenariats stratégiques de haut niveau.
Le dialogue entre les États africains évolue : il ne s’agit plus seulement de commerce de ressources, mais de partage de modèles industriels performants. En s’imposant comme une référence en matière d’industrialisation, la ZIS de Nkok confirme son rôle moteur dans la redéfinition des trajectoires de développement en Afrique.