Faure Gnassingbé inspecte l’opération Koundjoaré au cœur du danger
En ce début mai 2026, le président du Conseil et chef suprême des armées togolais s’est rendu sur la ligne de front de l’opération Koundjoaré, dans l’extrême nord du Togo. Une visite stratégique dans une région sous tension, où l’extrémisme violent menace la stabilité des Savanes. Le déplacement présidentiel, réalisé dans un contexte de guerre d’usure, a permis de s’immerger au plus près des troupes engagées dans une bataille cruciale pour l’intégrité du pays.
Ce jeudi-là, le vrombissement des hélicoptères a rompu le silence pesant de la frontière. Entre poussière d’harmattan et chaleur étouffante, le décor est hostile : chaque buisson, chaque relief rocheux peut cacher une menace. Ici, la frontière n’est pas une simple ligne sur une carte, mais une zone de tension permanente où l’ennemi, insaisissable, frappe sans visage ni uniforme.

Au cœur du Poste de Commandement : décryptage des menaces
Dès son arrivée, Faure Gnassingbé a rejoint le Poste de Commandement Opérationnel (PCO) pour un briefing à huis clos. Cartes satellites et rapports de renseignement ont été présentés aux plus hauts responsables militaires. La menace, asymétrique et protéiforme, s’étend des engins explosifs improvisés (IED) aux infiltrations de groupes armés en provenance du Sahel, en passant par la difficulté de sécuriser des centaines de kilomètres de frontières poreuses.
Le chef de l’État a écouté avec attention les retours du terrain, interrogeant les officiers sur les contraintes opérationnelles et matérielles rencontrées par les soldats. Il a souligné l’impératif d’une adaptation constante : renforcement des dispositifs, optimisation de la réactivité des unités et amélioration de l’efficacité opérationnelle pour réduire les vulnérabilités.

Tchamonga : quand le danger devient tangible
La visite a ensuite pris une dimension encore plus concrète avec le déplacement vers le poste opérationnel avancé (POA) de Tchamonga, situé en première ligne. Ici, les soldats affrontent une réalité brutale : nuits de veille, conditions climatiques extrêmes et pression constante. Pour mieux appréhender les enjeux, le président a examiné une maquette tactique, la « caisse à sable », illustrant les positions ennemies et les scénarios d’intervention.
Face aux troupes, Faure Gnassingbé a salué leur courage et leur sens du sacrifice. « Plusieurs de vos camarades ont déjà donné leur vie pour la sécurité nationale », a-t-il rappelé, avant d’exhorter les hommes à maintenir une vigilance sans faille face à une menace imprévisible. Il a également réaffirmé le soutien total de la hiérarchie militaire, insistant sur l’amélioration progressive des équipements et des capacités opérationnelles pour soutenir le moral des forces.

Deux leviers pour vaincre : l’opération Koundjoaré et la résilience des Savanes
Pourquoi cette visite est-elle si importante ? Parce que la victoire dans les Savanes ne repose pas uniquement sur la force des armes. Elle dépend aussi de la capacité à protéger les populations locales, premières cibles de l’endoctrinement terroriste. Le déplacement présidentiel a mis en lumière une approche globale, combinant action militaire et résilience sociale.
L’opération Koundjoaré forme le pilier défensif incontournable, mais elle s’accompagne de deux programmes clés pour renforcer la stabilité régionale :
- Le PURS (Programme d’Urgence pour la Région des Savanes) : il vise à améliorer l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux écoles et aux routes, réduisant ainsi les vulnérabilités qui favorisent l’extrémisme.
- Le CIPLEV : ce comité interministériel collabore avec les chefs traditionnels et les jeunes pour détecter les signes de radicalisation et renforcer la cohésion sociale.

Une diplomatie engagée pour la stabilité régionale
Cette visite sur le front a également souligné l’importance de la coopération sécuritaire entre le Togo, le Bénin et le Burkina Faso. Dans un contexte géopolitique complexe, la lutte contre l’extrémisme violent ne peut se limiter aux frontières nationales. La stabilisation du nord du Togo s’inscrit dans une dynamique régionale, essentielle pour préserver la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest.
En se rendant à Tchamonga, au plus près des unités engagées, Faure Gnassingbé a envoyé un message fort : le Togo reste déterminé à faire face à la menace terroriste, malgré un environnement régional instable. Une position qui renforce la crédibilité du pays sur la scène internationale et consolide les alliances stratégiques.