Les petits-fils de Serigne Touba ont franchi le pas judiciaire à Dakar en déposant une plainte pour diffamation. Le document, adressé au parquet du Tribunal de grande instance hors classe, a été enregistré officiellement le lendemain de sa transmission, le 15 juillet 2026. La démarche émane de Serigne Modou Maroun Niang et Serigne Mourtalla Bousso, deux figures influentes du mouridisme, qui s’insurgent contre des déclarations attribuées au leader de Pastef.
Lors de l’inauguration du nouveau siège de son parti, celui-ci aurait affirmé que « de l’argent sale est entré dans la ville sainte de Touba ». Pour les plaignants, ces propos portent atteinte à l’image de la commune, fondée par Cheikh Ahmadou Bamba sur des principes de foi, de transparence et de conformité religieuse. Ils soulignent que ces allégations jettent le discrédit sur l’intégrité des habitants et salissent l’héritage spirituel de la cité.
Une enquête réclamée pour éclaircir les accusations
Les héritiers de Serigne Touba exigent une enquête approfondie pour faire la lumière sur ces déclarations. Leur requête inclut l’audition d’Ousmane Sonko afin qu’il précise sa position et produise des éléments tangibles étayant ses propos. Le collectif s’est dit prêt à accompagner les autorités avec des preuves vidéo, des transcriptions et des articles de presse pour renforcer leur démarche.
Si les investigations révèlent l’absence de fondement des accusations, les plaignants demandent au procureur d’engager des poursuites pour diffamation et diffusion de fausses informations, deux infractions prévues par le Code pénal sénégalais. Leur objectif ? Obtenir réparation pour l’atteinte portée à l’honneur de Touba et de ses résidents.
Un climat politique sous haute tension au Sénégal
Cette plainte intervient dans un contexte où les tensions entre le pouvoir en place et les milieux religieux mourides sont palpables. La gestion des flux financiers et les déclarations des responsables politiques autour de Touba, capitale spirituelle du mouridisme, restent un sujet ultrasensible au Sénégal. Le procureur de Dakar devra désormais trancher sur la recevabilité de cette plainte et décider des suites à donner, alors que l’affaire agite déjà les cercles religieux et politiques du pays.