Incident meurtrier aux abords de l’ORTM
Dans la capitale malienne, un drame s’est joué à l’aube, près du siège de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM). Deux jeunes hommes ont été abattus par des militaires, alors qu’ils se trouvaient à proximité des barrages sécurisant ce site stratégique. L’incident s’est produit vers 5h30, dans une zone déjà sous haute tension en raison des récentes attaques perpétrées par le Jnim dans plusieurs localités du pays.
Selon les premiers éléments rapportés par les autorités militaires, les deux individus, circulant à moto, auraient tenté de forcer les check-points mis en place pour contrôler les accès. Cependant, des témoignages contradictoires émergent, évoquant plutôt des travailleurs saisonniers se rendant à leur chantier quotidien.
Des versions qui divisent
Les réactions des habitants de Bamako sont partagées. Certains estiment que les militaires ont agi dans le respect de leur mission, face à une situation où les règles de sécurité doivent être strictement appliquées. Une conductrice, qui a souhaité garder l’anonymat, a partagé son point de vue : « En ces temps d’incertitude, personne ne devrait s’aventurer dans cette zone sans autorisation. Les barrages sont là pour une raison, et ceux qui tentent de les franchir prennent des risques inconsidérés. Les militaires n’ont fait que leur devoir. »
D’autres, en revanche, regrettent la violence de l’intervention. Seyba, un habitant de Bamako, s’interroge : « Pourquoi ne pas avoir visé la moto ou les jambes pour neutraliser les individus sans les tuer ? Maintenant, impossible de savoir ce qu’ils voulaient vraiment accomplir. Même s’ils étaient suspects, leur mort nous prive de réponses. »
Une sécurité renforcée à Bamako
Depuis cet incident, les mesures de sécurité autour de l’ORTM ont été considérablement renforcées. Les check-points, déjà nombreux, sont désormais plus stricts, et leur présence s’étend à d’autres sites sensibles de la capitale, comme les camps militaires et l’aéroport international de Bamako-Sénou. Ce dernier est désormais réservé exclusivement aux voyageurs et au personnel autorisé.
Les autorités militaires ont précisé que les deux jeunes hommes n’ont pas obtempéré aux sommations, forçant ainsi les agents à ouvrir le feu. Selon l’État-major, les tirs de mise en garde ont été ignorés, justifiant l’usage des armes. Les investigations se poursuivent pour établir la vérité sur les motivations réelles des deux victimes.