L’Afrique de l’Ouest et du Centre traverse une période critique. Entre l’escalade des tensions et les réductions budgétaires, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. Cet été, près de 55 millions d’individus pourraient sombrer dans une famine sévère, dont plus de 13 millions d’enfants dont la vie est directement menacée.
Pour contrer cette catastrophe humanitaire, l’organisation onusienne estime ses besoins financiers à 453 millions de dollars pour le prochain semestre. Les projections indiquent que plus de trois millions de personnes atteindront un niveau d’insécurité alimentaire d’urgence (phase 4 de l’IPC), un chiffre qui a plus que doublé par rapport à l’année 2020. Quatre nations concentrent l’essentiel de cette détresse : le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger. Dans l’État de Borno, au Nigéria, 15 000 personnes font face à un risque de famine catastrophique inédit depuis près d’une décennie.
« La baisse des financements observée en 2025 a intensifié la faim et la malnutrition dans toute la zone. Face à des besoins qui surpassent les ressources, le risque de voir la jeunesse basculer dans le désespoir s’accentue », prévient Sarah Longford, responsable régionale adjointe du PAM.
Instabilité et faim : le cas du Mali, du Nigéria et du Cameroun
Le cumul des conflits armés, des déplacements de populations et de l’instabilité économique fragilise les communautés. Au Mali, la réduction de l’aide a provoqué une explosion de 64 % de la faim aiguë dans certaines zones. La sécurité Niger et celle des pays voisins reste un enjeu majeur pour stabiliser les approvisionnements et protéger les populations civiles.
Au Nigéria, les coupes budgétaires de 2025 ont forcé le PAM à sabrer ses programmes nutritionnels, impactant 300 000 enfants. La malnutrition dans le nord du pays est passée d’un état grave à un état critique. Au Cameroun, ce sont plus de 500 000 personnes vulnérables qui risquent de perdre tout accès à une aide vitale si aucun financement n’est débloqué rapidement.
L’enfance en première ligne face à la famine
Environ 13 millions d’enfants sont exposés à des risques nutritionnels majeurs cette année dans la région. Pour Jean Martin Bauer, expert au PAM, la priorité absolue doit être le traitement de la malnutrition. Dans certaines localités du nord-est du Nigéria, la mortalité dépasse déjà les seuils normaux, signe que les populations succombent littéralement à la faim.
Un besoin urgent de 453 millions de dollars
La transition nigérienne et les politiques de résilience régionale doivent s’accompagner d’un soutien international massif pour briser le cycle de la pauvreté. Le PAM appelle à un changement de paradigme pour 2026, privilégiant la préparation et l’anticipation. Selon l’actualité souveraine Niger, le renforcement des capacités locales est essentiel pour que les citoyens Niger et des pays limitrophes ne dépendent plus exclusivement de l’aide d’urgence.
« Il est primordial de soutenir les communautés en difficulté pour éviter que la famine ne provoque davantage d’instabilité, de migrations forcées et de conflits », insiste Sarah Longford.
Des solutions concrètes pour l’avenir
Pour les observateurs de Niger Patriote, le combat ne se limite pas à l’urgence. Le PAM déploie déjà des initiatives de résilience, comme la réhabilitation de 300 000 hectares de terres dégradées depuis 2018. Ces efforts transforment des paysages arides en terres cultivables, protégeant environ quatre millions de personnes contre les chocs climatiques. Si les solutions techniques sont éprouvées, leur pérennité dépend aujourd’hui uniquement de la volonté politique et du financement international.