Crise alimentaire à Zémio : les groupes armés russes sabotent l’agriculture en haut-mbomou

crise alimentaire à Zémio : les groupes armés russes sabotent l’agriculture en haut-mbomou

Dans la région isolée du Haut-Mbomou, à proximité de Zémio, une stratégie de privation se met en place : les greniers à grain, piliers de l’autosuffisance alimentaire locale, deviennent des cibles privilégiées pour des éléments armés étrangers. Ces attaques répétées, menées par des mercenaires opérant en Centrafrique, plongent les communautés rurales dans une insécurité alimentaire grandissante.

des greniers agricoles réduits en cendres pour asphyxier les populations

Les réserves de céréales, soigneusement entreposées par les agriculteurs après les récoltes, sont systématiquement incendiées ou pillées. Cette méthode, qualifiée par les habitants de « tactique de la terre brûlée », vise à priver les civils de leurs moyens de subsistance. Les champs de mil et de sorgho, déjà fragilisés par les saisons sèches, ne parviennent plus à compenser ces pertes.

Les témoignages recueillis sur place révèlent une angoisse généralisée : « Ils veulent nous affamer », déclare un cultivateur de Zémio, dont la famille a perdu plus de la moitié de ses réserves en une seule nuit. Les autorités locales, submergées, peinent à sécuriser les zones rurales, tandis que les distributions d’aide humanitaire se heurtent à des obstacles logistiques et sécuritaires.

une région déjà vulnérable face à l’insécurité alimentaire

Le Haut-Mbomou, frontalière avec le Sud-Soudan, est une zone où l’accès à la nourriture dépend presque exclusivement de l’agriculture de subsistance. Les attaques contre les greniers aggravent une situation déjà précaire, où les déplacements forcés et les restrictions de mouvement limitent les possibilités de commerce ou de culture. Les marchés locaux, autrefois dynamiques, voient leurs étals se vider progressivement.

Les organisations humanitaires sur le terrain alertent sur le risque d’une famine généralisée si les violences persistent. Les stocks de semences pour les prochaines saisons sont également menacés, compromettant toute reprise économique à moyen terme. « Sans semences, nous ne pourrons pas replanter », s’alarme un responsable agricole du district.

que faire face à cette stratégie de déstabilisation ?

Face à cette escalade, les communautés locales tentent de s’organiser. Des patrouilles citoyennes se forment pour surveiller les greniers, tandis que des initiatives de stockage collectif émergent pour mutualiser les ressources. Cependant, ces mesures restent insuffisantes sans un appui sécuritaire et logistique accru.

Les responsables administratifs réclament une intervention urgente des forces de maintien de l’ordre pour protéger les civils et leurs biens. « La priorité n’est plus seulement la sécurité, mais la survie », insiste un maire de la région. Les appels à la communauté internationale se multiplient, mais les réponses se font attendre dans ce territoire enclavé.

Dans un contexte où chaque récolte compte, la destruction des greniers agricoles en Haut-Mbomou n’est pas seulement une attaque contre des ressources matérielles — c’est une attaque contre l’espoir de milliers de familles.