Une crise humanitaire majeure au Burkina Faso
Depuis 2023, les combats au Burkina Faso ont transformé le pays en un théâtre de violences inouïes. L’armée nationale, épaulée par des milices locales, et un groupe armé affilié à Al-Qaïda cumulent plus de 1 800 civils tués et des dizaines de milliers de déplacés forcés. Ces exactions, incluant des nettoyages ethniques, s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Des abus documentés par des enquêtes approfondies
Une récente enquête menée par Human Rights Watch révèle l’ampleur de ces violations des droits humains. Entre janvier 2023 et août 2025, plus de 450 témoignages, des analyses d’images satellites et des milliers d’heures de vidéos ont permis de cartographier 57 incidents impliquant les forces régulières, les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ce dernier, lié à Al-Qaïda, est également responsable de pillages et d’exécutions sommaires.
Les chercheurs ont identifié des commandants responsables des deux camps, dont le président Ibrahim Traoré, commandant suprême des forces armées, et Iyad Ag Ghaly, chef du GSIM recherché par la Cour pénale internationale (CPI).
Des crimes de guerre imputables à tous les camps
- L’armée burkinabè et ses alliés (VDP) :
- Massacres ciblant les communautés peules, accusées de soutenir les groupes islamistes ;
- Opérations meurtrières comme celle de décembre 2023 à Djibo, où plus de 400 civils ont été tués ;
- Limitation de la liberté de la presse et répression de l’opposition politique.
- Le GSIM (JNIM) :
- Sièges de villes et villages, provoquant famines et maladies ;
- Attaques aveugles ayant causé la mort de 133 civils à Barsalogho en août 2024 ;
- Utilisation massive d’engins explosifs improvisés sur les axes routiers.
Les deux camps sont accusés de pillage, d’homicides intentionnels, d’attaques contre des civils et de déplacements forcés, constituant des crimes contre l’humanité selon les critères du droit international.
L’impunité, un frein à la justice
Les victimes et leurs familles dénoncent un système judiciaire défaillant. Les autorités burkinabè minimisent ou nient les abus commis par leurs forces, tandis que les enquêtes crédibles font défaut. Cette impunité généralisée alimente un cycle de violences sans fin.
Les partenaires internationaux du Burkina Faso – Nations Unies, Union africaine, Union européenne, États-Unis – sont appelés à agir pour briser ce cercle vicieux. Des sanctions ciblées contre les commandants responsables et un examen préliminaire de la CPI sont urgemment nécessaires.
Appel à une mobilisation internationale
« L’ampleur des atrocités au Burkina Faso est sous-estimée à l’échelle mondiale », déclare un représentant de l’organisation. Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires doivent exiger des autorités locales qu’elles mettent fin aux violations et garantissent l’accès à la justice pour les victimes.
La communauté internationale a un rôle clé à jouer pour mettre un terme à cette crise humanitaire et rétablir la paix dans la région du Sahel.