Cenco alerte sur la répression des manifestations en RDC : police et milices pointées du doigt

Cenco alerte sur la répression des manifestations en RDC : police et milices pointées du doigt

Lors de sa session extraordinaire qui s’est achevée ce samedi 20 juin à Kinshasa, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco) a vivement critiqué la collaboration entre les forces de l’ordre et une milice partisane, accusées de réprimer violemment les rassemblements de l’opposition opposés au projet de modification de la Constitution.

Une alliance accusée de violences contre les manifestants

Dans un communiqué rendu public, la Cenco dénonce l’alliance entre la police nationale et la « Force du progrès », un groupe de jeunes affiliés à un parti politique, pour disperser les manifestations. « Les rassemblements de l’opposition sont réprimés avec une violence inouïe par la police nationale en complicité avec cette milice », a déclaré le secrétaire exécutif de l’organisation, Monseigneur Donatien Nshole, lors d’une conférence de presse.

Cette répression, selon la Cenco, s’accompagne d’un climat de terreur visant à museler les voix dissidentes au sein même de la majorité présidentielle. « Nous assistons avec une inquiétude grandissante à une escalade de la tension générée par la campagne en faveur de la révision constitutionnelle, menée aux frais de l’État et dans un contexte de répression contre les opposants », peut-on lire dans le communiqué.

Un sit-in dispersé dans un bain de gaz lacrymogènes

Le 12 juin dernier, un sit-in organisé par la coalition C64 pour s’opposer à la proposition de loi référendaire du député Paul-Gaspard Ngondakoy, adoptée par l’Assemblée nationale, avait été violemment dispersé. Plusieurs organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales, avaient alors accusé la police et la Force du progrès d’avoir agressé les leaders et participants de l’opposition, notamment aux abords du Palais du peuple à Kinshasa. Les manifestants auraient été aspergés de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Cette intervention musclée avait suscité une vague de condamnations, renforçant les craintes d’une dérive autoritaire dans la gestion des contestations politiques.

La Cenco appelle à un changement de cap

Face à cette situation, la Cenco a réitéré son appel à abandonner le projet de révision constitutionnelle, qu’elle juge contraire à l’esprit du pacte social. L’organisation épiscopale a également exhorté les autorités à respecter le serment prêté par le président devant Dieu et la Nation, en garantissant la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement.

Alors que les tensions persistent, la Cenco se réserve le droit d’annoncer prochainement un calendrier d’actions concrètes pour défendre les valeurs démocratiques et la stabilité institutionnelle de la République démocratique du Congo.

Manifestation de l’opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Catégorie : Politique