L’Union des gérants et caissiers de dépôts pharmaceutiques publics du Burkina Faso a de nouveau interpellé les autorités. Lors de leur sixième assemblée générale tenue à Ouagadougou ce samedi 6 juin 2026, les membres ont mis en lumière l’urgence d’un statut officiel pour leur profession, qu’ils jugent indispensable au bon fonctionnement du système de santé burkinabè.
Sous la bannière thématique de la « La résilience des bénévoles au service du peuple », cette rencontre a été l’occasion pour les participants d’exprimer leurs profondes inquiétudes face à une situation professionnelle qu’ils estiment de plus en plus précaire.

Ousmane Bolly, président de l’Union, a souligné que de nombreux gérants œuvrent depuis des décennies sans bénéficier d’un cadre professionnel clair et protecteur. « Certains de nos membres, après 20 ou 30 ans de service, ne perçoivent même pas le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) », a-t-il déploré, illustrant la gravité de la situation.
L’organisation fédère plus de 3 000 gérants répartis dans l’ensemble des districts sanitaires que compte le pays.
Le statut professionnel, une lacune majeure
Pour les dirigeants de l’Union, l’absence d’un cadre réglementaire spécifique pour les métiers de gérant et caissier de dépôt pharmaceutique public constitue la racine de leurs difficultés. Cette carence législative les expose à une grande vulnérabilité, notamment à des licenciements jugés abusifs dès qu’ils tentent de revendiquer de meilleures conditions de travail.
D’après Ousmane Bolly, la peur des représailles professionnelles est telle que certains agents hésitent à afficher publiquement leur appartenance à l’Union.
Des rémunérations jugées insoutenables
Les participants ont également mis en exergue la modicité des salaires octroyés à ces professionnels. Avec des revenus mensuels oscillant fréquemment entre 20 000 et 25 000 FCFA, il leur devient de plus en plus difficile de faire face à l’augmentation constante du coût de la vie au Burkina Faso.
Pourtant, ces gérants et caissiers jouent un rôle crucial en assurant quotidiennement la distribution des médicaments et l’accueil des patients au sein de structures sanitaires souvent très sollicitées.
Des démarches répétées et persistantes
L’Union a affirmé avoir intensifié ses efforts et ses démarches auprès des instances gouvernementales depuis 2020, dans l’espoir d’obtenir une amélioration de leur situation.
- des entretiens avec les ministères en charge de la Santé et de la Fonction publique ;
- des audiences auprès de la Présidence du Faso ;
- une participation active à divers ateliers de réflexion sur la gestion des structures pharmaceutiques.
Malgré ces nombreuses initiatives, les responsables de l’organisation déplorent l’absence d’avancées concrètes. L’Union a d’ailleurs procédé à un recensement exhaustif de ses membres et a transmis ces données aux autorités compétentes, espérant ainsi faciliter la mise en place d’un cadre de régularisation.

L’organisation appelle désormais à une implication plus résolue de l’État dans la revalorisation de cette profession. Elle estime que les revenus générés par les dépôts pharmaceutiques ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir une amélioration durable des conditions de travail de ses membres.
En clôture de cette assemblée générale, Ousmane Bolly a salué l’engagement et la forte mobilisation des participants, tout en réitérant son appel pressant aux autorités pour qu’une réponse rapide et favorable soit apportée à leurs légitimes préoccupations.