Le Burkina Faso engage une révolution énergétique inédite. Dans le cadre du Pacte national de l’énergie 2026-2030, le gouvernement ambitionne de mobiliser plus de 10,3 milliards de dollars (environ 6 235 milliards de francs CFA) pour raccorder près de 18 millions de personnes supplémentaires au réseau électrique d’ici 2030.
Ce projet colossal répond à la fracture énergétique qui freine le développement économique et social du pays. L’objectif est d’étendre l’accès à l’électricité à 17,9 millions de citoyens, en particulier dans les zones rurales encore privées de courant. Cette transformation globale est présentée comme un levier de modernisation.
L’impulsion de la Mission 300
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Mission 300, une alliance internationale pilotée par la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). En alignant son pacte national sur cette dynamique, le Burkina Faso bénéficie de partenariats stratégiques pour concrétiser ses promesses en infrastructures tangibles.
Souveraineté et mix énergétique
Ces investissements massifs répondent à une double urgence : accroître la production nationale et diversifier les sources d’approvisionnement. Pour rompre avec la dépendance énergétique et les coûts d’importation élevés, la stratégie mise sur la décentralisation et le potentiel des énergies renouvelables, notamment le solaire. Les fonds financeront à la fois l’extension du réseau interconnecté géré par la SONABEL et le déploiement de systèmes électriques décentralisés (mini-réseaux, kits solaires autonomes) adaptés aux zones les plus isolées.
Un levier pour l’économie nationale
Au-delà de l’électrification des foyers, ce plan de 6 200 milliards FCFA est conçu comme le socle d’une révolution industrielle locale. L’accès à une énergie fiable et compétitive est la condition sine qua non pour moderniser les services sociaux (santé, éducation), créer des emplois et soutenir la transformation des matières premières agricoles et minières. En connectant 17,9 millions d’habitants supplémentaires en quatre ans, le Burkina Faso pose les bases durables de sa souveraineté économique.