Lors d’un événement majeur dédié aux opportunités économiques en Afrique, Létondji Beheton, directeur général de SIPI-BENIN S.A, et Maryse Lokossou, directrice générale de CDC Bénin, ont exposé la vision industrielle et financière du pays. Cet événement, marqué par la présence de décideurs internationaux, visait à mettre en lumière les atouts du Bénin pour attirer les investisseurs.
Les deux responsables béninois ont mis en avant une stratégie axée sur trois piliers : la transformation locale des matières premières, l’industrialisation soutenue et la mobilisation de capitaux durables. Parmi les projets phares présentés, la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) s’impose comme un levier clé de cette dynamique économique.
La GDIZ, un accélérateur de l’industrialisation béninoise
Létondji Beheton a retracé son parcours au sein des institutions financières internationales avant de rejoindre le Bénin en 2016. Son objectif ? Contribuer à l’amélioration du climat des affaires et au développement de projets industriels ambitieux. Il a souligné l’importance de la GDIZ, une zone économique spéciale s’étendant sur 1 640 hectares et accueillant déjà plus de vingt usines.
Avec près de 25 000 emplois créés et un objectif affiché de transformation locale accrue, cette infrastructure incarne la volonté du gouvernement béninois de diversifier son économie. Les défis persistent, notamment en matière d’énergie abordable, de financement compétitif et de logistique, mais des investissements ciblés dans ces domaines sont en cours pour y remédier.
Le Bénin mise particulièrement sur la transformation de ses ressources agricoles, comme le coton et les noix de cajou. En tant que l’un des principaux producteurs de coton brut du continent, le pays ambitionne d’augmenter significativement la part transformée localement avant exportation.
CDC Bénin : un fonds souverain au service de l’économie locale
Maryse Lokossou, ancienne cadre de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), a présenté le rôle de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC). Créée en 2018, cette institution publique agit comme un fonds souverain, mobilisant des capitaux de long terme pour financer des projets stratégiques.
Selon ses explications, la CDC soutient des investissements visant à renforcer durablement l’économie béninoise. Les chiffres avancés lors de l’événement sont parlants : environ 13 % du coton brut produit localement est désormais transformé sur place, tandis que près de 50 % des noix de cajou destinées à l’exportation subissent un traitement préalable au Bénin. Ces avancées s’accompagnent d’un impact positif sur l’emploi des jeunes et le renforcement des compétences industrielles.
Un appel clair aux investisseurs étrangers
Face à un public composé de partenaires économiques et financiers, les deux responsables béninois ont lancé un appel pressant aux investisseurs internationaux. Maryse Lokossou a souligné la disponibilité de la CDC à accompagner les porteurs de projets, réduisant ainsi les risques liés aux investissements industriels. De son côté, Létondji Beheton a insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme des investissements pour concrétiser les ambitions industrielles du pays.
Ils ont présenté un écosystème déjà structuré, combinant infrastructures de qualité, accompagnement financier adapté et volonté politique affirmée. Leur participation à cet événement reflète la volonté du Bénin de renforcer sa visibilité à l’international et d’attirer davantage de capitaux dans les secteurs porteurs : transformation industrielle, énergie et logistique.