Au Sénégal, l’homosexualité sous haute tension : le cri d’alarme des persécutés
« Vivre caché ou en danger » : c’est le quotidien des personnes homosexuelles au Sénégal depuis que les peines pour relations homosexuelles ont été doublées en mars dernier. Entre rejet familial, climat de haine et peur des arrestations, les appels à l’aide vers l’étranger se multiplient, notamment vers la France.
Une loi qui a tout changé
Avant mars 2026, bien que l’homosexualité soit déjà fortement rejetée au Sénégal, les forces de l’ordre faisaient preuve d’une certaine tolérance. Mais depuis l’adoption de la nouvelle loi, qui porte les peines de prison de 5 à 10 ans, la situation est devenue intenable. Les associations comme Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge se mobilisent pour soutenir les personnes en danger.
Des témoignages qui glaçent le sang
Chérif*, l’un des nombreux Sénégalais ayant fui le pays, raconte son calvaire : « J’allais me faire arrêter, c’était une question de temps. » Son ami, proche de l’opposition politique, a été arrêté et son téléphone fouillé. Chérif a tout effacé : messages, photos, preuves de sa vie clandestine. « Je savais que la police trouverait des traces de notre relation. »
Au Sénégal, l’atmosphère est désormais irrespirable. Dans la rue, à la maison ou sur les réseaux sociaux, « tout le monde parle des homosexuels », et les discours de haine se propagent sans retenue. « Ils pervertissent la jeunesse, ils détruisent la société », entend-on partout. La pression est telle que beaucoup n’ont d’autre choix que de fuir.
Un exode vers la France
Depuis le durcissement de la loi, les demandes d’asile et les appels à l’aide vers la France se sont intensifiés. Les associations françaises enregistrent une hausse significative des demandes de soutien, souvent désespérées. « Nous recevons des appels de personnes prêtes à tout pour quitter le Sénégal », confie un responsable associatif.
La peur des arrestations arbitraires et des violences homophobes pousse de nombreux Sénégalais à chercher refuge à l’étranger. Mais la route est semée d’embûches : démarches administratives complexes, manque de ressources, et surtout, l’incertitude quant à leur avenir.
Un climat de peur généralisé
Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la propagation de la haine. Les discours homophobes y sont légion, et les appels à la violence se multiplient. « On nous traite de monstres, de criminels, alors que nous ne faisons de mal à personne », témoigne Amadou*, un autre fugitif.
La situation est d’autant plus préoccupante que les autorités sénégalaises semblent encourager cette vague de rejet. Les médias locaux relaient régulièrement des discours stigmatisants, et les forces de l’ordre interviennent de plus en plus souvent pour réprimer les rares manifestations de soutien à la communauté LGBTQ+.
Les associations en première ligne
Face à cette crise humanitaire, les associations locales et internationales redoublent d’efforts pour protéger les personnes en danger. Des réseaux clandestins d’aide à l’exil se mettent en place, mais les ressources restent limitées. « Nous faisons ce que nous pouvons, mais c’est insuffisant face à l’ampleur de la crise », explique un militant.
Les associations appellent à une mobilisation internationale pour faire pression sur les autorités sénégalaises et protéger les droits des personnes homosexuelles. « La communauté internationale ne peut pas rester les bras croisés », insiste un responsable.
Que faire pour aider ?
Si vous souhaitez soutenir les personnes LGBTQ+ persécutées au Sénégal, plusieurs actions sont possibles :
- Soutenir les associations qui œuvrent pour leur protection et leur exil ;
- Sensibiliser votre entourage à la situation au Sénégal ;
- Signer des pétitions ou participer à des campagnes de pression internationale ;
- Accueillir si vous avez la possibilité d’héberger une personne en danger.
Chaque geste compte. La communauté LGBTQ+ sénégalaise a besoin de soutien, maintenant plus que jamais.