Alcool frelaté au méthanol dans l’Ondo : 48 morts et 180 intoxiqués, un coup dur pour les communautés et l’économie locale

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La consommation d’alcool frelaté au méthanol dans l’État d’Ondo, au Nigéria, a fait au moins 48 morts et environ 180 intoxications graves. Ce drame sanitaire, survenu dans les zones d’Odigbo et d’Irele, laisse des séquelles durables chez les survivants et fragilise l’économie informelle locale, tout en relançant les appels à la vigilance.

Un bilan humain et sanitaire alarmant

Les autorités sanitaires locales et l’Agence nationale pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC) ont confirmé que les cas se sont concentrés dans les zones de gouvernement local d’Odigbo et d’Irele. Au-delà des 48 décès, près de 180 personnes ont été gravement intoxiquées après avoir consommé des boissons artisanales coupées au méthanol.

Parmi les survivants hospitalisés, plusieurs souffrent de complications irréversibles, notamment des cécités définitives et des insuffisances rénales aiguës. Ces séquelles pèsent lourdement sur les familles et les structures de santé locales.

Le méthanol, un poison mortel dans les boissons artisanales

Les analyses toxicologiques ont révélé des doses massives de méthanol dans plusieurs lots de boissons saisies, dont une préparation très populaire appelée localement « Monkey Tail ». Le méthanol est un alcool industriel extrêmement toxique pour l’organisme humain, utilisé comme solvant ou carburant.

Ce drame met en évidence les dangers liés à la consommation d’alcool artisanal non contrôlé, dont la production échappe souvent aux normes sanitaires.

Arrestations et opérations de contrôle

La police d’Ondo a arrêté au moins quinze suspects liés à la fabrication clandestine, au coupage et à la distribution de ces liqueurs frelatées. Les autorités régulatrices ont par ailleurs intensifié les descentes sur les marchés locaux et les points de vente informels afin de confisquer les stocks suspects et fermer les distilleries clandestines.

Ces actions visent à endiguer un commerce informel qui prospère sur la demande de boissons à bas coût.

Appel à la prudence et conséquences à long terme

La NAFDAC et le ministère de la Santé de l’État d’Ondo ont exhorté la population à éviter toute boisson alcoolisée artisanale ou vendue hors des circuits agréés. Cet événement rappelle les risques sanitaires majeurs du commerce informel de liqueurs frelatées, un phénomène récurrent en Afrique de l’Ouest où ces produits sont prisés pour leur prix abordable.

Au-delà des pertes humaines, cette crise affecte l’économie locale, les familles des victimes et la confiance des consommateurs, tout en soulignant l’urgence de renforcer les contrôles sanitaires.

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Boureima Ouédraogo

Journaliste