Absence du président du Cameroun : qui assure la direction du pays ?

Le Cameroun fait face à une situation politique inédite depuis plusieurs semaines. Depuis son départ de Yaoundé le 7 juin, le président Paul Biya, figure historique du pays, réside à Genève en Suisse. Ce séjour prolongé, officiellement décrit comme une escapade privée, soulève de nombreuses interrogations sur l’état de santé et la capacité du chef de l’État à diriger le pays.

À 93 ans, Paul Biya est le plus âgé des chefs d’État en exercice dans le monde. Son absence, qui dépasse désormais les cinquante jours, marque un tournant dans son règne de quarante-quatre ans. Une première dans l’histoire récente du Cameroun, où les absences prolongées du président étaient jusqu’alors exceptionnelles.

« Le Cameroun fonctionne à l’envers. Avec le président le plus âgé du globe, il passe plus de temps loin de son palais qu’à Yaoundé. » Cette réflexion, partagée par de nombreux observateurs, résume l’inquiétude grandissante au sein de la population et des acteurs politiques.

Pourtant, la présidence camerounaise continue de fonctionner. Des décrets signés par Paul Biya, depuis Genève, ont été publiés le 3 août, notamment un remaniement de l’armée avec des nominations stratégiques. Une décision qui interroge : qui prend réellement les décisions en son absence ? Quel est le rôle des acteurs qui l’entourent ?

La société civile et l’opposition multiplient les questions. Certains s’interrogent même sur la santé du président, dont l’état n’a pas été officiellement communiqué. Dans un pays où les institutions reposent sur la légitimité d’un seul homme, cette incertitude alimente les tensions et les spéculations.

La transition politique du Cameroun, déjà fragile, se retrouve ainsi au cœur d’un débat national. Qui, en réalité, gouverne le pays en l’absence de Paul Biya ? Une question qui dépasse le simple cadre institutionnel et touche à la souveraineté même du Cameroun.