Yam’na : une révolution éducative pour le Gabon industriel

yam’na : une révolution éducative pour le Gabon industriel

Libreville, un tournant majeur pour l’industrie gabonaise. Le programme Yam’NA, fruit d’une collaboration entre Eramet Comilog et SETRAG, redéfinit les contours de la formation professionnelle au Gabon. Cette initiative ne se contente pas d’offrir des bourses d’études : elle trace la voie d’une souveraineté économique par la maîtrise des compétences locales.

Depuis son lancement en 2024, Yam’NA a déjà permis à près d’une cinquantaine de jeunes Gabonais de poursuivre des études supérieures dans leur pays. La troisième édition, dévoilée le 10 juillet à Libreville, marque une étape décisive avec l’ajout de cinquante nouvelles bourses pour l’année universitaire 2026-2027. Mais au-delà des chiffres, c’est une stratégie globale qui se dessine : aligner la formation sur les besoins réels de l’industrie gabonaise.

Des métiers d’avenir pour une économie transformée

Pendant trop longtemps, le Gabon a exporté ses ressources naturelles sans en capter la valeur ajoutée. Aujourd’hui, le pays mise sur des secteurs clés pour inverser cette tendance : métallurgie, sidérurgie, chimie industrielle, agroalimentaire, agroforesterie et économie verte. Ces domaines, autrefois négligés, deviennent les piliers de la future économie gabonaise.

Les bénéficiaires de Yam’NA ne se contenteront pas de décrocher un diplôme. Ils formeront une génération d’ingénieurs, techniciens et spécialistes capables de transformer le manganèse, le fer, le bois et les produits agricoles en richesses durables. Une réponse concrète aux défis de la transition énergétique mondiale, où les minerais stratégiques occupent une place centrale.

Un partenariat stratégique pour un Gabon industriel

L’alliance entre Eramet Comilog et SETRAG n’est pas anodine. Premier employeur privé du pays avec près de 3 500 emplois directs, le groupe Eramet est un acteur incontournable de l’industrie minière gabonaise. De son côté, SETRAG gère le Transgabonais, une infrastructure ferroviaire vitale qui relie les zones minières au port d’Owendo, transportant chaque année des millions de tonnes de marchandises et des centaines de milliers de voyageurs.

Cette synergie entre industrie minière et transport ferroviaire illustre une volonté claire : investir dans le capital humain pour bâtir une économie résiliente et autonome. Les critères d’éligibilité pour le programme Yam’NA sont exigeants. Destiné aux jeunes Gabonais de moins de 25 ans ayant obtenu leur baccalauréat au premier tour, il cible les filières techniques, industrielles ou environnementales. Les candidatures sont ouvertes du 8 au 28 juillet 2026.

La bataille des compétences, nouveau visage du développement

L’Afrique entre dans une ère où les infrastructures et les investissements ne suffisent plus. La compétition mondiale se gagne désormais dans la maîtrise des savoir-faire. Le Gabon l’a bien compris : former sa jeunesse, c’est préparer demain. Le programme Yam’NA incarne cette vision à long terme, en anticipant les besoins de son industrie plutôt que de les subir.

Son ambition ? Créer une génération capable non seulement d’exploiter les ressources du pays, mais surtout de les transformer, valoriser et pérenniser. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de souveraineté économique et de durabilité, où chaque ressource devient un levier de développement local.

Pour les jeunes Gabonais, Yam’NA représente bien plus qu’une opportunité d’études : c’est un passeport pour l’avenir. Une chance de contribuer à l’essor industriel du pays et de façonner une économie où le Gabon n’est plus seulement fournisseur de matières premières, mais acteur clé de leur transformation.