Violences dans l’est de la rdc : le Burundi réclame un engagement renforcé de la communauté internationale

Violences dans l’est de la RDC : le Burundi exhorte la communauté internationale à agir face au non-respect des accords de paix

Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une rencontre avec son homologue congolais Floribert Anzuluni. À Bujumbura, il a dressé un constat accablant : malgré les accords de paix signés sous l’égide des États-Unis, les violences persistent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Confronté à une recrudescence des affrontements entre l’armée congolaise et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa, le Burundi dénonce le non-respect flagrant des engagements pris. Des zones autrefois sécurisées restent instables, forçant des populations à fuir vers les pays voisins.

« Les accords de Washington n’ont pas produit les effets escomptés. Des réfugiés sont rentrés chez eux, mais d’autres régions sombrent dans le chaos. Une intervention plus forte de la communauté internationale est indispensable pour soutenir les initiatives régionales en cours », a déclaré le ministre Bizimana.

Les deux parties ont salué la qualité des relations bilatérales entre le Burundi et la RDC, un partenariat stratégique renforcé par un accord de défense signé en mars 2023. Bujumbura a déjà déployé des milliers de soldats pour appuyer les Forces armées de la RDC (FARDC) et sécuriser leur frontière commune.

Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, a exprimé sa gratitude pour l’aide humanitaire apportée par le Burundi aux réfugiés congolais. Il a également évoqué la préparation d’une réunion de la Troïka au sein de la CIRGL pour évaluer la situation sécuritaire dans la région.

De son côté, Édouard Bizimana a réaffirmé l’engagement du Burundi en faveur de la paix en Afrique. « Notre président, Évariste Ndayishimiye, a fait de la cessation des violences une priorité lors de sa prise de fonctions à la tête de l’Union africaine », a-t-il rappelé.

Les discussions ont également porté sur des sujets bilatéraux comme la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa et la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL, actuellement présidée par la RDC. Cependant, l’impasse diplomatique persiste : depuis les négociations de Montreux en avril 2026 et les rounds de Doha, les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu s’accumulent. Chaque partie interprète différemment les termes des accords, bloquant toute avancée concrète.

Cette paralysie favorise la poursuite des combats dans l’est de la RDC, malgré la présence de médiateurs internationaux. Les observateurs s’interrogent : combien de temps encore les civils paieront-ils le prix de ces tensions non résolues ?