Transition nigérienne : les craintes de Sonko face au nouveau Garde des Sceaux

transition nigérienne : les craintes de Sonko face au nouveau Garde des Sceaux

transition nigérienne : les craintes de Sonko face au nouveau Garde des Sceaux

Dès les premiers jours de la nouvelle équipe gouvernementale, les tensions se cristallisent autour du ministère de la Justice. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, exprime openly ses réserves concernant la nomination de Me Moussa Sarr au poste de Garde des Sceaux. Une décision qui, selon lui, ne contribue pas à apaiser les relations déjà complexes entre son mouvement et certaines institutions judiciaires.

Le président de Pastef ne cache pas son inquiétude quant à l’implication passée de l’avocat dans des dossiers sensibles ayant marqué les rapports entre son parti et la justice. « Le casting opéré au niveau du ministère de la Justice ne nous inspire aucune confiance. Me Moussa Sarr a été un acteur central dans plusieurs affaires judiciaires qui ont alimenté les tensions », confie-t-il publiquement.

Malgré cette méfiance affichée, Sonko adopte une position prudente. Il attend les premiers actes concrets du nouveau ministre avant de formuler un jugement définitif. Une attitude qui n’exclut pas une surveillance accrue de l’action du ministère par son parti. « Nous conservons nos doutes, mais nous jugerons sur pièces. Et si nécessaire, nous agirons depuis l’hémicycle », précise-t-il.

Un Premier ministre sous surveillance

Les critiques de Sonko ne se limitent pas à la nomination de Me Moussa Sarr. Le leader de Pastef s’en prend également au Premier ministre Al Amine Lô, qu’il accuse de s’éloigner de son rôle de technocrate pour s’immiscer dans des jeux politiques. « Je lui demande de rester à sa place. Il a été choisi pour ses compétences techniques, qu’il s’y tienne. Je dispose d’informations sur ses initiatives et je lui demande de ne pas me pousser à bout », déclare-t-il sans détour.

Cette mise en garde s’accompagne d’une menace voilée, suggérant que Sonko possède des éléments précis sur les actions du chef du gouvernement. Une posture qui reflète la détermination du leader à contrôler l’action de l’exécutif.

Des dissidences internes pointées du doigt

Ousmane Sonko étend ses reproches aux membres de son propre parti ayant accepté des postes ministériels. Balla Moussa Fofana, Ibrahima Sy et Yankoba Diémé figurent parmi les personnalités visées. Le président de Pastef leur reproche d’avoir rejoint l’équipe gouvernementale sans concertation préalable avec les instances dirigeantes du mouvement. « Ces responsables agissent pour leur propre compte. Leur situation sera examinée au moment opportun », avertit-il.

Ces déclarations révèlent les premières fractures au sein de la majorité, alors que la nouvelle équipe peine à trouver sa place. La nomination de Me Moussa Sarr au ministère de la Justice reste cependant le point de friction principal, alimentant les interrogations sur la capacité de l’exécutif à apaiser les tensions judiciaires persistantes.